La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Achille et la tortue de Takeshi Kitano

Achille et la tortue de Takeshi Kitano

Long-métrage japonais. Genre : Comédie - Titre original : Achilles and the tortoise

Scénario et réalisation : Takeshi Kitano
Durée : 01h59min Année de production : 2008 - Sortie France : 10 mars 2010

Interprètes :

Takeshi Kitano : Rôle : Machisu
Kanako Higuchi : Rôle : Sachiku - l'épouse de Machisu
Yurei Yanagi : Rôle : Machisu jeune homme
Kumiko Aso : Rôle : Sachiku jeune femme
Akira Nakao : Rôle : Mr Kuramochi, le père de Machisu
Masatô Ibu : Rôle : Mr Kikuta, le marchand d’art
Mariko Tsutsui : Rôle : Mme Kuramochi, la belle-mère de Machisu

Compositeur : Yuki Kajiura
Chef décorateur : Norihiro Isoda
Monteur : Yoshinori Oota
Monteur : Takeshi Kitano

Production : Bandai Visual Co. Ltd. - Office Kitano Production TV Asahi - Tokyo FM Broadcasting Company
Distributeur : Océan Films

Achille et la tortueL’œuvre de Takeshi Kitano ne cesse de grandir et de prendre de la force.

Paris lui rend hommage avec une exposition de ses toiles et de ses installations à la Fondation Cartier (jusqu’au 12 septembre), une rétrospective de ses films au Centre Pompidou (jusqu’au 26 juin), la publication d’une autobiographie chez Grasset.

Mais c’est de son dernier film qu’on parlera ici en s’émerveillant de l’équilibre entre tristesse et gaité, désespoir et énergie, qui donne à ses films la couleur du grand art.

Dans la petite vidéo qu’il a composée pour introduire l’exposition de la fondation Cartier, il annonce simplement qu’il souhaite aux visiteurs de “bien rigoler”, “comme des enfants”, “sans se prendre la tête”. C’est ce qu’on peut faire, entre autres, en regardant Achille et la tortue, succession de chocs comiques et beaux dont la construction ne réserve que des surprises.

Commencé comme un mélo, un récit d’apprentissage romanesque, l’enfance d’un grand peintre, le film ne sera-t-il que cela ? Les infiltrations du burlesque, du grotesque même, en font douter, la poésie éruptive de scènes imprévisibles prouvera vite qu’il n’en est rien.

Plus le comique avance, plus Kitano installe le paradoxe et le rire, l’exagération et l’excès, plus on perçoit le sérieux de son propos, le subtilité de son discours sur l’art, le goût, l’effort du peintre, le rapport de l’artiste à son public ou à son absence de public.

Être à la fois aussi drôle et aussi sérieux n’est donné qu’à de très rares cinéastes. C’était la force d’Hitchcock, le plus comique et le plus sérieux de sa corporation.

Kitano, célèbre amuseur télévisuel bien avant d’avoir débuté comme cinéaste, est toujours prêt à user du chapeau pointu et du nez rouge, parce qu’il aime cela, parce que c’est l’enfance de l’art. Il réalise ici l’un de ses films les plus joyeux et les plus tristes, illustré en permanence par ses propres tableaux. Cet équilibre est véritablement magique et, c’est bien sûr la conclusion du film, permet à Achille de rattraper la tortue.

René MARX


 

 



 

 

 

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