La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio

Alamar de Pedro Gonzalez-Rubio

Long-métrage mexicain. Genre : Drame initiatique
Durée : 01h10min Année de production : 2009 - Date de sortie France : 1 décembre 2010

Écrit et réalisé par Pedro Gonzalez-Rubio

Jorge Machado : Jorge
Roberta Palombini : Roberta
Natan Machado Palombini : Natan
Nestór Marín : Matraca

Concepteur de production : Pedro Gonzalez-Rubio
Directeur de la photographie : Pedro Gonzalez-Rubio
Monteur : Pedro Gonzalez-Rubio
Directeur de post-production : Øyvind Stiauren
Ingénieur du son : Manuel Carranza
Directeur artistique :Mariela Rípodas
Compositeur : Diego Benlliure
Compositeur : Uriel Esquenazi
Directeur de post-production : Ziegler Joakim
Production : Pedro Gonzalez-Rubio et Jaime Romandia
Distributeur : Epicentre Films
Attachée de presse : Isabelle Buron

Alamar

 

« Durant les vacances, le petit Natan retrouve son père au Mexique pour quelques jours. Tous deux embarquent en pleine mer destination Banco Chinchorro, l'une des plus grandes barrières de corail de la planète.
Dans ce cadre idyllique, un lien complice se resserre entre le père et le fils. »

Fiction ou documentaire, qu'importe, il faut simplement se laisser emporter dans cette belle histoire au fil de l'eau et qui regroupe trois générations, le grand père paternel, le fils et le petit fils d'à peine six ans, ensemble sur une « palafitte », une maison sur pilotis ou sur la barque motorisée du grand père au milieu de l'océan houleux, loin de tout, sur des fonds de corail, de grottes, de milliers de poissons, si gros certains, immenses et aussi des langoustes.


Le récif s'appelle Banco Chinchorro, heureusement interdit, encore pour l'instant, à la masse touristique, qui provoque la disparition des mangroves au profit d'hôtels, de bars et de boîtes de nuit.
Là, il y a des images et des moments intenses d'une vie observée avec toute l'attention faite aux éléments, à la faune, à la flore, aux sentiments des hommes. Et l'enfant grandit pendant ces quelques semaines.


Est-ce que de regarder, s'immerger, et en parler ensuite avec ceux aussi qui auront vu ce film permettra de grandir ou de faire émerger des tas de questions, des envies : dans les rochers, à mer descendante, et sur le chemin du littoral, est-ce qu'il y a tout cela ?...et si je monte sur un bateau, est-ce que j'aurai le mal de mer ? Oh ! j'aimerais tant faire de la lutte avec toi et que tu me montres des clés ! comment je pourrai apprivoiser un oiseau, est-ce qu'il reviendra chaque été ? Et si je lance les têtes des sardines ou des maquereaux aux frégates ou aux mouettes elles sauront les attraper ? Et le crocodile...c'était pas dangereux : horriblement dangereux !


Quelles scènes magnifiques prises avec tant de sensibilité ! Même les blattes dont j'ai horreur, gourmandises de l'aigrette, deviennent un insecte intéressant...nourrissant !


Non ce n'est pas seulement pour les enfants, cette histoire situe au début le couple qui s'est aimé, et que la différence de vie entre cette baie du Mexique et la ville italienne n'a pas permis de perdurer malgré l'enfant. Combien de couples se séparent ainsi. Mais connaître la vie de chaque famille est si important pour comprendre ce qui nous portera toute notre vie et que l'on ne peut pas tenir secret et faire comme si l'autre n'existait pas, comme si sa culture n'existait pas. Une autre superbe séquence est ce bébé dans les bras de son père qui tourne sur lui-même puis disparaît lentement de l'écran, au rythme de la guitare. La musique est très présente et si belle au luth de Fausto Palma. La symbiose se fait entre le montage et le rythme musical qui nous apaise comme la main de Jorge sur la poitrine de l'enfant placé au milieu du bateau pour qu'il souffre le moins possible du roulis. La musique est dans les gestes, les échanges entre ces trois générations, les mouvements doux ou que l'enfant doit adoucir pour apprivoiser Blanquilla l'aigrette, accéléré pour sortir les lignes de l'eau, précis pour écailler les poissons ou nettoyer la coque de la barque...


Et puis il y a de si beaux sourires dont celui du grand père qui avoue que juste un café et regarder les étoiles lui suffit.

C'est le premier film de long métrage de fiction de Pedro Gonzales-Rubio, en solitaire, car il faut juste regarder sa filmographie pour prendre conscience de son parcours, de son travail avec Carlos Reygadas notamment dont les films interpellent depuis une dizaine d'années après qu'il ait été découvert lors du festival de Rotterdam. Il faut aussi voir le palmarès de ce film « Alamar » de la part de festivals qui savent découvrir ces perles du Sud sans limite de frontières. La caméra fait des prouesses pour nous faire saisir l'immense espace maritime et les quelques mètres carrés, quelques planches sur lesquelles les humains vivent jour et nuit. Ils n'étaient que deux pour filmer, le réalisateur à la caméra et un preneur de son et c'est remarquable !

Elyane Daniel

Site officiel du film



 

 

 

Accueil | Copyright | Contact | ©2010 Elyane Daniel