La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Babel de Alejandro González Inárritu

Babel de Alejandro González Inárritu

( Film américain - Genre : Drame - Année de production : 2005 - Date de sortie France : 15 Novembre 2006 - Durée : 2h15min. )

Scénariste : Guillermo Arriaga
Sur une idée de : Guillermo Arriaga et Alejandro González Inárritu
Réalisateur : Alejandro González Inárritu

Acteurs : Richard : Brad Pitt - Susan : Cate Blanchett - Santiago : Gael Garcia Bernal - Yasujiro : Koji Yakusho - Amelia : Adriana Barraza - Chieko : Rinko Kinkuchi - Ahmed : Saïd Tarchani - Yussef : Boubker Ait El Caid - Debbie : Elle Fanning - Mike : Nathan Gamble - Anwar : Mohamed Akhzam - Tom : Peter Wight - Hassan : Abdelkader Bara - Abdullah : Mustapha Rachidi - Alarid : Driss Roukhe - L'officier de l'immigration : Clifton Collins Jr. - Luis : Robert Esquivel - Le patrouilleur à la frontière : Michael Pena - Mitsu : Yuko Murata - Kenji : Satoshi Nikaido - Sonia Sehgal : Mahima Chaudhry - Bill: Jamie McBride - Sameera Sehgal : Shilpa Shetty - Isabel : Lynsey Beauchamp - 2ème Policier : Paul Terrell Clayton - La femme de Walter : Fernandez Mattos Dulce - Homme à l'extérieur de l'hôtel : Charlie Matsuo - James Melody : Ivor Shier - 1ère fille : Barbarella Pardo - Officier Lance : Aaron D. Spears

Producteurs : Steve Golin - Jon Kilik - Alejandro González Inárritu
Coproducteur : Ann Ruark
Producteur associé : Raúl Olvera Ferrer

Distribué par Mars distribution

Prix de la mise en scène Cannes 2006
Prix du jury Oecuménique

BabelDe la bonne distance pourrait être le sous-titre de ce nouveau triptyque du réalisateur mexicain qui nous a habitués (Amours chiennes et 21 grammes) à ces croisements de destins et à ces paysages immenses où chacun cherche à mesurer ce qui pourrait l'éloigner du drame suspendu au-dessus de sa route et dont, sans le savoir, à le fuir il se rapproche encore davantage. Sans doute parce que c'est la même force qui joue le bras de fer quand on essaie de repousser quelque chose pour envisager la vie autrement tout en mettant de côté le menu détail qui va toutefois demander des comptes et se révéler être l'essentiel. Laisser deux enfants par exemple pour réfléchir sur le sort qui a tué le troisième; chercher l'amour physique à tout prix quand on est sourde et muette et qu'aucune main n'accepte la vôtre parce qu'on se sent monstre, sûrement pour endosser le costume du monstre que l'on n'ose pas dénoncer, à proprement parler le mettre à nu; tester une arme pour vérifier si la parole qui a été donnée pour en assurer la vente "Ce fusil peut atteindre une cible à trois kilomètres" était vraie. Une arme qui va être le triste lien entre tous ces personnages dont le parcours est agité par un cinéaste ciseleur que certains pourraient traiter de manipulateur mais qui ne fait encore une fois que visiter l'immensité de nos âmes apatrides, expulsées, vilipendées dans le mélange des langues et le tracé protégé des frontières, d'où le titre, d'où les contrastes qu'il fait miroiter avec un talent délirant, jusqu'à se permettre parfois de ne pas tout expliquer, de respecter les silences et les trous, de mémoire, du temps, de l'espace. Inárritu fustige le tourisme, les médias, l'appât du gain, l'abandon des enfants soleils de nos nuits. Et le désert est partout un reflet bouleversant de nos vastes dilemmes, que l'on soit d'Amérique, du Mexique, du Maroc ou du Japon, nous tous secoués par le souffle des hélices d'un hélicoptère qui ressemble à un insecte psychédélique qui nous survolerait tous, pour nous sauver in extremis, sans oublier son propre intérêt bien sûr, de la mort totale, du sang tellurique dont il s'abreuve. 2h15min de grand cinéma et le vertige du monde avec pour message international : un peu plus d'amour suffirait-il ?

Michel MARX

site officiel du film : www.paramountvantage.com/babel/

réaction d'un internaute :
"J’ai pas mal aimé ce film ou cette fable. Moi, ce que j’ai compris (mais c’est peut-être subjectif) c’est que ce film traite surtout de la peur qui s’empare de l’homme occidental dès qu’il sort de l’Occident. C’est une critique de notre “réussite” démocratique et civilisée qui aboutit donc a créer au Sud un monde “dangereux” où le moindre incident (le môme avec le fusil) devient un drame international. Cette critique est bien sûr excessive, mais là où elle fait mal c’est qu’elle montre bien que le système qui nous protége (hélico, ambassade) est le même qui exclut (la mami mexicaine) et qui produit de la solitude dans les mégalopoles comme Tokyo. Je pense qu’il fait une analogie avec l’aspect sanitaire. Dans notre monde occidental aseptisé on ne pourra plus sortir dans le “sud” sans attraper un microbe mortel auquel on n’est plus habitué. C'est pareil pour le sexe : à la sœur qui se dévoile devant son frêre s’oppose la peur panique des japonais de toucher la jeune sourde (de peur sans doute de procès pour détournement de mineure). J’ai particulièrement aimé la scène du poulet, car au Maroc justement, la veille de Kipour ma mère tordait le cou à un poulet devant nous. Bref, on est en train de faire une société où on a peur de tout, de la sexualité, de tuer un poulet, et bien sûr de confier un flingue à un môme. On n’a pas fini de parler de ce film."
Maurice MERGUI

Bande-annonce


Bande Annonce Babel VOST

 

 

 

 

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