La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Belle toujours de Manoel de Oliveira

Belle toujours de Manoel de Oliveira

(Film portugais, français - Genre : Drame - Date de sortie : 11 Avril 2007 - Année de production : 2006
Durée : 1h 10min.)

Réalisateur, scénariste : Manoel de Oliveira

Acteurs : Husson : Michel Piccoli - Séverine : Bulle Ogier - Le barman : Ricardo Trepa - La jeune femme 1 : Leonor Baldaque - La jeune femme 2 : Julia Buisel

Producteurs : Serge Lalou et Miguel Cadilhe

Activités sociétés :
Exportation/Distribution internationale : Onoma International , France
Production :
Filbox Producoes, Portugal - Les Films d'Ici, France

Directeur de la photographie : Sabine Lancelin
Monteuse : Valérie Loiseleux
Monteur son : Mikaël Barre
Mixage : Jean-Pierre Laforce
Chef décorateur : Christian Marti
Costumière : Milena Canonero
Ingénieur du son : Henri Maikoff
Directeur de production : Jacques Arhex

Distribution : Les Films du Paradoxe , France
Attachée de presse : Marie Queysanne

Belle toujoursOn peut se demander à quoi sert de parler d’un film qui sortira à peu de copies (le 11 avril) et dont il est acquis d’avance qu’il intéressera un petit détachement de spectateurs minoritaires et attentifs. Mais Manoel de Oliveira prend chaque année plus d’importance, au moins sur le plan artistique. Il a décidé, avec son audace habituelle, de revenir sur les traces de “Belle de Jour”, quarante et un ans après Luis Bunuel. C’est encore Michel Piccoli mais ce n’est plus Catherine Deneuve, qui a préféré laisser son rôle à Bulle Ogier. Henri retrouve Séverine à Paris, la poursuit, elle se dérobe, il la rattrape. Ils vont sans doute nous réveler des secrets en suspens depuis 1966. Le film médite sur la vieillesse, le temps qui passe et il est impossible d’oublier que Manoel de Oliveira fêtera ses quatre-vingt-dix neuf ans en décembre. C’est-à- dire que son cinéma se fait comme en surplomb, sur le siècle, sur le cinéma, sur les spectateurs mêmes dont il est forcément l’aîné. Mais c’est aussi une sorte d’humour souverain qui nous fascine encore chez le cinéaste, ce sens du mystère toujours nimbé d’un sourire un peu lointain. Et la complicité qu’il sait maintenir avec nous malgré les années, la culture, les souvenirs cinématographiques, la distance même qu’il garde avec Bunuel. Un Bunuel qui est plus loin de lui qu’on ne le croit d’habitude et qu’il connaît pourtant comme sa poche. Saluer la grandeur de ce film conduit évidemment à rappeler que la Cinémathèque Française rend hommage à Catherine Deneuve en présentant cinquante de ses films, choisis par elle-même sur quarante ans de carrière. C’est jusqu’au 2 avril, et on y trouvera deux films de Bunuel et un d’Oliveira!

René MARX (article publié en janvier 2007 dans Fenêtres sur Cours)

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