La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Entre adultes de Stéphane Brizé

Entre adultes de Stéphane Brizé

Film français - Comédie dramatique - Année de production : 2006 - Date de sortie : 28 Février 2007 - Durée : 1h 20min.

Scénario et réalisation : Stéphane Brizé
Avec :
Camille : Edith Mérieau - Christian : Vincent Dubois - Caroline :Jeanne Ferron - Louise : Céline Gorget
- Carine : France Ducateau - Philippe : Philippe Fauconnier - Jacques : Vincent Rocher - Marc : Cyril Couto - Pauline : Charlotte Smither - Alexandre : Karim Hammiche - Sidonie : Véronique Dossetto - Patrick : Dominique Coquelin

Directeur de la photographie : Hervé Portanguen
Compositeurs : Fabrice Dumont, Fred Fortuny
Monteur : Alban Teurlai
Monteur son : Hervé Guyader
Mixeurs : Hervé Guyader, Emmanuel Croset
Ingénieur du son : Emmanuelle Villard
Superviseur musical : Ange Ghinozzi

Producteur : Claude Lelouch, Les Films 13, France
Producteurs associés : Stéphane Brizé, Simon Lelouch
Producteur exécutif : Simon Lelouch
Directeur de production : Dominique Combe
Distribution : TFM Distribution, France
Attachée de presse : Sophie Bataille

Entre adultes6 hommes et 6 femmes, 12 adultes, s'aiment, se mentent, se manipulent, se trompent, se confient et se quittent. La vie.... Oui, mais la vie vue par Stéphane Brizé, dans un film tourné avant le magnifique Je ne suis pas là pour être aimé, mais sorti après pour des questions de production, et qui nous montre l'angle le plus dur mais peut-être bien le plus vrai de l'existence : le doute. Doute de soi, de l'autre, aux moments de l'amour où il semble décidément difficile, voire impossible de faire ce que l'on avait prévu. On avait promis à sa maîtresse de tout avouer à sa femme légitime et le moment venu c'est presque le contraire qui se produit. On avait promis de ne pas relancer une ex petite amie et on ne résiste pas longtemps, on parle de phantasme à un ancien amoureux, histoire de tester si oui ou non... On voudrait aimer, on méprise. On insulte celui qui vous aime. On fait à 12 une sacrée ronde (chaque fois un couple dont l'un des membres se retrouve face à un autre partenaire dans la scène suivante), à vomir par instants parce que ça ressemble tellement à ce que l'on a vécu parfois et que l'on aurait préféré éviter... non ? En tous les cas le principe est bien celui d'une ronde, comme dans la pièce d'Arthur Schnitzler, La Ronde - publiée en 1900 et où il s'agissait de dix dialogues - des couples successifs que la caméra filme de près, donnant aux visages cette déformation qui est presque celle des cauchemars, à la peau cette texture des mauvaises soirées, quand on essaie de limiter les dégâts, de faire avaler les pilules, de ravaler son amour propre ou de diluer celui de l'autre, bref de faire ce que l'on appelle courtoisement des concessions et plus directement des saloperies. Scène inoubliable d'embauche, gestes brusques pour se libérer de l'entrave de l'autre quand il mendie l'amour... humains, tristes humains qui voudraient tant qu'on les aime quand ils aiment et deviennent moches parce que le temps passe et que ça n'amène pas que des cadeaux. Car même le jeu du cadeau est pipé, pour employer une expression qui revient sous d'autres sens dans ce film très cru, ce qui est une de ses nombreuses qualités, écrit en 10 jours, tourné en 4 jours, avec des comédiens qui n'avaient joué qu'au théâtre, et monté en 4 jours ! Car il s'agissait au départ d'une commande pour faire travailler en région quelques comédiens. Puis c'est le regard du fils Lelouch, l'engagement du père dans le projet, et la sortie en salle. Certains diront que c'est un simple exercice de style, d'autres reconnaîtront là de très justes acteurs et une belle performance de mise en scène, en tout cas un regard sans concession celui-là, qui traque dans les moindres recoins ce qui parle dans les gestes, les objets, les intérieurs, les silences. Oui c'est ce silence qui vous reste après avoir vu le film, ce silence inconfortable de la stratégie de l'amour et du désamour, notions que l'on pourrait bien confondre tant elles semblent effrayer également les protagonistes quand, tels des animaux indomptables ils se retrouvent face à l'autre, cet autre qui fait tant peur parce qu'il voudrait en savoir autant que vous et vous autant que lui, et que ce n'est jamais réalisable. Brizé l'a saisi comme il l'a saisi dans Je ne suis pas là pour être aimé : la solitude, même accompagnée, est infinie.

Michel Marx

site officiel : www.tfmdistribution.com/entreadultes/entreAdulte.html

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