La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Failan de Song Hye-Sung

Failan de Song Hye-Sung

FailanLe cinéma asiatique prend chaque jour plus d’importance, en tout cas en France. Nous pouvons nous enorgueillir d’être l’un des seuls pays au monde à accueillir un film thaïlandais ou indonésien au même titre qu’un film standard (c’est-à-dire français ou américain…). Le réalisateur de Failan, Song Hye-Sung, vient, lui, de Corée du Sud. Le récit suit un truand vieillissant, au service d’une mafia sordide. Toute la première partie est donc consacrée à un film de gangster mélancolique assez habituel, mais filmé avec énormément d’élégance. C’est le basculement sentimental qui intervient à la seconde moitié du film qui en fait le prix. Il ne s’agit pas bien sûr de tout dire. Mais qu’on sache simplement que la surprise est grande de passer d’un thriller réaliste à une sorte de rappel extrême-oriental de la Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig. Nous avons là un film à la fois extrêmement exotique, au bon sens du terme, et extrêmement familier pour un spectateur français. Ce qui est exotique, ce sont les paysages, urbains et ruraux, d’un pays qui nous paraît très lointain, des habitudes de vie qui donnent vraiment envie d’aller se tremper dans une atmosphère inconnue (même si une bonne partie des décors n’a rien de très souriant). Ce qui est familier, outre les objets “mondialisés” qui encombrent la vie de ces personnages, c’est simplement l’imagerie du cinéma, universelle depuis plus de cent ans. Imagerie des gestes, des sentiments, des rôles et des beautés d’expression.

 René MARX (article publié en décembre 2002 dans Fenêtres sur Cours)

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