La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Française de Souad El Bouhati

Française de Souad El Bouhati

Film français, marocain. Genre : Comédie dramatique. Année de production : 2007 - Date de sortie : 28 Mai 2008
Durée : 1h 24min.

Écrit et réalisé par Souad El-Bouhati

Sofia adulte : Hafsia Herzi
La mère : Farida Khelfa
Le père : Maher Kamoun
Sofia enfant : Alexandra Martinez
Mme Laktani : Amal Ayouch
Rachid adulte : Aymen Saïdi
Fouzia adulte : Sihame Sani
Fouzia enfant : Ikrame Akaarour
Rachid enfant : Karim Debray
Elodie : Léa Fontana
La maîtresse d'école : Caroline Sevin
Touria : Narjisse Dubois
Amar : Salim Gharbi
Evelyne : Delphine Zingg
La tante : Raouya
La prof : Fatouma El Kanouni
Fatima : Selwa El Jadouri

Directeurs de la photographie : Florian Bouchet et Olivier Chambon
Compositeur : Patrice Gomis
Monteuse : Josiane Zardoya
Monteur son : Ferdinand Bouchara
Mixage : Laurent Chassaigne
Chef décorateur : Jimmy Vansteenkiste
Collaboratrice artistique : Malika Khelfa
Ingénieurs du son : Eric Rophé et Frédéric Bobillier
Scripte : Nicole Marie

Production : Jem Productions, France - Irène Production, France - France 2 Cinéma, France - 2M, Maroc

Distribution : ARP Sélection, France
Attaché de presse : François Hassan Guerrar
Attachée de presse : Aurélie Pierrat

FrançaiseSouad El Bouhati réalisa en 1999 un très beau court-métrage, Salam, sur un thème qu’on retrouve en 2007 dans “La graine et le mulet”: la calme dignité d’un ouvrier marocain plus très jeune, ayant passé sa vie en France, complice d’une jeune fille née et élevée ici. C’est justement dans le film de Kechiche que Souad El Bouhati a trouvé la comédienne de ce premier long-métrage, longtemps après Salam. Hafsia Herzi, bien sûr, césarisée cette année. “Française”, comme beaucoup de films importants, repose sur l’obsession de sa protagoniste, son idée fixe, qu’il s’agit de faire partager au spectateur, pour le mener jusqu’au bout du film. L’obsession de Sofia, l’héroïne, c’est le retour en France, qu’elle a quitté à huit ans parce que ses parents avaient brusquement décidé de rentrer au Maroc. Elle est française, son père a dissimulé son passeport, elle poursuit ardemment ses études pour récupérer ce sésame à sa majorité. Pas de misérabilisme, les parents ne sont pas pauvres, pas de confrontation avec le racisme. Le seul obstacle, c’est l’entêtement des femmes de la famille, mère, tante, soeur, à cantonner Sofia dans son avenir de femme mariée et conforme, soutenue par l’étrange inertie de son père. Une allusion visuelle très forte aux “400 coups”, le paysage qui défile à travers les vitres du panier à salade où est enfermé(e) le (la) rebelle, ancre le film dans la tradition de la ténacité infinie de l’enfant qui a décidé de choisir son destin. Pari en partie réussi, grâce à la présence de Hafsia Herzi, forte personnalité, de celles qui habitent l’écran avec un rayonnement puissant, mais actrice encore inégale, peut-être moins bien dirigée que dans le film de Kechiche. Le film est réussi dans le portrait de cet acharnement, de cette révolte patiente et obstinée, dont on se dit qu’elle ne peut que triompher. Avec une fin assez surprenante pour emporter le spectateur vers des réflexions inattendues. Les personnages ne sont pas toujours convaincants: si le petit frère, joué par Aymen Saidi, est remarquable, comme la soeur ou la compagne de chambre, les parents demeurent trop énigmatiques. On continue d’admirer l’intelligence, la vraie force d’auteur de Souad El Bouhati. On voudrait sans doute un prochain film encore plus convaincant.

René MARX

Article publié dans Fenêtres sur Cours

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