La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Gran Torino de Clint Eastwood

Gran Torino de Clint Eastwood

Film américain - Drame, Thriller - Durée : 1h 55min.
Titre original : Gran Torino - Année de production : 2008 - Date de sortie France : 25 Février 2009

Réalisation : Clint Eastwood
Scénario : Nick Schenk et Dave Johannson

Interprètes :
Walt Kowalski : Clint Eastwood
Tao : Bee Vang
Sue : Ahney Her
Karen Kowalski : Geraldine HughesMartin, le coiffeur : John Carroll Lynch
Duke : Cory Hardrict
Ashley Kowalski : Dreama Walker
Mitch Kowalski : Brian Haley
Spider : Doua Moua
Steve Kowalski : Brian Howe
Père Janovich : Christopher Carley
Prez : Arthur Cartwright
Vu : Brooke Chia Thao
Un membre du gang Hmong : Elvis Thao
Josh Kowalski : Michael E. Kurowski
Youa : Choua Kue
Tim Kennedy : William Hill
La grand mère : Chee Thao
Kor Khue : Xia Soua Chang
Darrell : Davis Gloff
Trey : Scott Reeves
Le barman : Greg Trzaskoma
Smokie : Vue Sonny
Al : John Johns
Mel :Tom Mahard
Monk : Nana Gbewonyo
Daniel Kowalski : Austin Douglas Smith
David Kowalski : Conor Liam Callaghan
Docteur Chang : Julia Ho
Gee : Maykao K. Lytongpao
Le chef du Gang Latino : Carlos Guadarrama

Production : Warner Bros., U.S.A. - Double Nickel Entertainment, U.S.A. - Gerber Pictures, U.S.A. - The Malpaso Company, U.S.A. - Media Magik Entertainment, U.S.A. - Village Roadshow Pictures, Australie
Directeur de production : Tim Moore
Assistant de production : Jennifer Burdick-Baklarov

Directeur de la photographie : Tom Stern
1er assistant réalisateur : Donald Murphy
2ème assistant réalisateur : Pete Dress (Peter Dress)
Paroliers (chansons du film) : Michael Stevens et Kyle Eastwood
Compositeurs (chansons du film) : Kyle Eastwood et Michael Stevens
Monteurs : Joel Cox et Gary Roach
Assistant monteur : Blu Murray
Directeur artistique : John Warnke
Chef décorateur : James J. Murakami
Décorateur : Gary Fettis
Costumière : Deborah Hopper
Maquilleuse : Kimberly Jones
Superviseur des effets spéciaux : Steve Riley
Superviseur des effets visuels : Kelly Port
Directrice du casting : Ellen Chenoweth
Habilleur : Steven Ladish
Perchiste : Flash Deros
Superviseur musical : Lennie Niehaus
Chef électricien : Jesse Cecchini

Distribution : Warner Bros., U.S.A. - Warner Bros. France , France
Attaché de presse : Sabri Ammar
Attachée de presse : Carole Chomand

Gran Torino

Vétéran de la guerre de Corée, Walt Kowalski (dont le nom révèle une immigration peut-être pas si lointaine que cela, nom qui n'est sûrement pas un hasard et renforce l'ambigüité du personnage) est expert en expressions racistes, et semble davantage s'exprimer par grognements que par l'anglais qu'il demeure un des seuls à bien parler dans ce quartier peuplé de Chinois qu'il surnomme "Citrons" ou autres clichés du genre. Un genre que Clint Eastwood interprète avec toute la hargne attachante du monument de granit qu'il représente, homme brisé mais droit qui vient de perdre sa femme et, à pas loin de 80 ans, même si son âge n'est jamais dit (on l'appelle "Le vieux", "Pépé"...), traîne encore la culpabilité de ces anciens soldats qui noient seuls et dans la bière ce que le temps ne parvient cependant pas à effacer. A ses côtés, une vieille chienne Labrador devenue sourde, Daisy (pendant d'une force affichée de matador mais dont une rencontre va révéler toute la sensibilité - mettre un molosse au pied du vieux grincheux eut été la grave erreur qu'un maître en réalisation n'a bien sûr pas commise)... et une Ford Gran Torino rutilante comme à sa sortie d'usine en 1972. Il faut dire que Walt a travaillé toute son existence à la chaîne de l'usine automobile. De là ce goût du bricolage, son rictus à la vue de l'envahissement des voitures japonaises, et cette magnifique collection d'outils où rien ne manque. Côté armement rien ne lui manque non plus. Côté muscle, l'ancêtre est bien entretenu, et si ce n'est quelques crachas de sang, la puissance et l'oeil du guerrier sont encore vifs. Walt est précis et stratégique, bon ouvrier habitué au travail bien fait... bien fini, et accompli tout seul. Les visites régulières d'un prêtre qui a promis à sa défunte de pousser Walt à se confesser ne le ramolissent pas. Il n'est pas homme à fléchir. Et sa relation avec ses enfants : une catastrophe, un fossé de générations, de points de vue, un désert affectif, une incomprehension que la mise en scène et parfois l'image arrêtée rendent à merveille. Vindicatif envers ses voisins qui le lui rendent bien, Walt attrape Tao, l'adolescent d'origine Hmong qu'ils ont pour fils, une "fiotte" dira Walt, en train d'essayer de voler sa Gran Torino (épreuve imposée par la bande Hmong qui tient le secteur). Si c'était bien le dernier objet à toucher, Walt, passé le réflexe d'auto-défense, ne va pas aller là où on l'attend. Et c'est toute la beauté du film, tout comme dans Million Dollar Baby, quand la solitude de Tao rencontre celle de Walt, Clint Eastwood dresse le portrait d'une paternité offerte. Tao manque de modèle, dira Sue, la soeur courage de ce jeune qui n'a pas le don de la communication et passe ses journées à faire du jardinage, un travail de fille... Et comme Walt a protégé le petit de ces malfrats des temps modernes, il est devenu le héros malgré lui du quartier. "Autant boire ses bières avec des étrangers que seul" dira-t-il, premier signe de ploiement exprimé avec sa fierté inneffaçable où l'on retrouve le port de tête du cow-boy, silhouette symbolique dans ces paysages d'un Ouest devenu lotissements et cités du non-droit... Ainsi Gran Torino n'est pas seulement un portrait d'êtres en quête de rachat, il est aussi une approche très contemporaine de la violence de territoire, bandes Hmong mais aussi afro-latinos dont la caméra traque, avec une force mystique, la lâcheté... et le pouvoir (Dieu n'est pas toujours au rendez-vous dira Walt au prêtre insistant qu'il traite de gamin et autres sobriquets, mais le devoir d'un homme est d'aller jusqu'au bout de ce qu'il peut donner, et c'est peut-être cela la vraie religion, lit-on entre les lignes de dialogues taillés au scalpel, tout comme la mise en scène, dépouillée et rythmée, digne des plus grand standards d'action de Melville à Kitano...). Film que certains pourraient prendre pour un testament, tant la grandeur du personnage, des personnages, Sue puis Tao faisant écho à cette dignité d'autant plus prégnante qu'elle était inespérée, se traduit par une fin dont on ne dira rien ici, mais qui hisse ces deux heures à une leçon magnifique d'humanité, d'histoire, de cinéma et de leg.

Michel MARX

Site officiel du film : http://wwws.warnerbros.fr/grantorino/

Bande annonce Gran Torino (en V.O sous-titrée):


BA Gran Torino Clint Eastwood
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