La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : I love you Phillip Morris de Glenn Ficarra et John Requa

I love you Phillip Morris de Glenn Ficarr et John Requa

Long-métrage américain. Genre : Comédie - Année de production : 2009 - Date de sortie France : 10 février 2010
Durée : 1h36 min

Réalisé par Glenn Ficarra et John Requa

Scénaristes : Glenn Ficarra et John Requa
D'après l'oeuvre de Steve McVicker

Interprètes :
Jim Carrey : Steven Russell
Ewan McGregor : Phillip Morris
Leslie Mann : Debbie Russell
David Jensen : le juge
Jessica Heap : la secrétaire
Marc Macaulay : un policier
Antoni Corone : Lindholm
Griff Furst : Mark
Morgana Shaw : la mère de Steven
Larry Bukheim : Brennan Brown
Arnie : Clay Chamberlin
Barbara Bascombe : Marylouise Burke
Gary : Michael Showers
Sara: Beth Burvant
Arnie : Clay Chamberlin
...

Production : EuropaCorp Distribution
Producteur : Andrew Lazar
Producteur : Far Shariat
Producteur exécutif : Luc Besson

Compositeur : Nick Urata
Directeur de la photographie: Xavier Pérez Grobet
Monteur : Thomas J. Nordberg
Directeur du casting : Bernard Telsey
Directrice du casting : Tiffany Little Canfield
Chef décorateur : Hugo Luczyc-Wyhowski
Directeur artistique : Helen Harwell
Costumier : David C. Robinson
Directeur de production: Edith Leblanc
Ingénieur du son: Paul Urmson

Distributeur France : EuropaCorp Distribution
Distributeur à l'étranger : Freestyle Releasing LLC
Attaché de presse : Dominique Segall

I love you Phillip Morris

Steven Russell (génial Jim Carrey) est policier, aime sa fille et honore sa femme. Tout pourrait continuer si un accident de voiture qui le sort de sa ligne droite ne lui faisait prendre conscience qu'il est temps d'assumer sa vérité. Et sa vérité ce sont les hommes. Et comme il découvre que vivre son homosexualité dans la joie lui coûte cher, il se lance dans une série d'arnaques sublimes et drôles qui le mèneront en prison. Prison où il rencontre le grand amour que son ex petit ami, avant de mourir du sida, lui avait prédit qu'il vivrait après lui. Ce codétenu c'est Phillip Morris (excellent et troublant Ewan McGregor), blond, timide et plus simple peut-être que ce polichinelle tendre qui va bousculer son destin. Steven Russell l'aime tout de suite, le convainc que c'est réciproque et fera tout, toujours, pour ne pas le perdre.

Ce qui touche dans ce film au souffle puissant, adapté d'un livre tiré d'une histoire réelle (le véritable Steven Russell purge encore à ce jour une peine de 144 ans!), c'est la leçon de vie, et la foi en l'amour, en l'amour dévorant jusqu'aux larmes, entraînant, destructeur, généreux. Et derrière ces péripéties souvent burlesques - un Jim Carrey au mieux de sa forme qui trouve sans cesse comment traverser les murs, et que l'on rattrape malheureusement toujours - travaille souterrainement une question fondamentale : qu'est-ce qu'une identité ? et que peut-on être pour l'autre quand on ignore soi-même qui l'on est vraiment ?

Enfant abandonné, Steven Russell traîne jusqu'au bout une sorte de plainte qui lui fait alterner gesticulations et cris du coeur, erreurs et offrandes, disparitions et retours. On sort de ce film comme réconcilié avec la beauté des sentiments, l'implacabilité des coups de foudre et des amours au milieu de l'enfer, des prisons, de la société, de la lâcheté quand chez tant de petits citoyens un flic veille. Car le moins flic d'entre eux c'est bien Steven Russell (il se préfère en avocat), raison sans doute pour laquelle il a vite laissé sa tenue et son colt pour vivre sa vie, dans toute sa multiplicité, son énergie enfin trouvée, sa force d'aimer que Phillip Morris lui rend bien, avec ses grands yeux, sa tendresse et son sens du pardon...

Comment ne pas être touché par leurs regards toujours échangés comme si c'était encore le premier mais déjà le dernier, bluffé par tous les personnages qui les entourent et affirment des jeux aussi justes que les leurs. Oui, tout sonne vrai dans ce film qui parle du faux, tout vibre dans cette boîte à magie où la contrefaçon permet d'échapper aux limites d'un monde bien moins beau que l'amour de ces deux héros romantiques. Un mélo, oui, une performance, bien sûr, mais surtout un ensemble sensible qui nous laisse un bon goût de spectacle réussi, intelligent mais communicatif, comme on en voit rarement et dont on a pourtant tellement besoin.

Michel Marx


I Love You Phillip Morris : Bande-annonce (VOSTFR)



 

 

 

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