La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Il Divo de Paolo Sorrentino

Il Divo de Paolo Sorrentino

Film italien - Genre : Biopic, Drame - Année de production : 2008 - Date de sortie France : 31 Décembre 2008 -
Durée : 1h 58min.

Réalisation : Paolo Sorrentino

Scénariste : Paolo Sorrentino
Collaboration au scénario : Giuseppe D'Avanzo

Interprètes :
Giulio Andreotti : Toni Servillo
Livia Andreotti : Anna Bonaiuto
Eugenio Scalfari : Giulio Bosetti
Franco Evangelisti : Flavio Bucci
Paolo Cirino Pomicino : Carlo Buccirosso
Salvo Lima : Giorgio Colangeli
Don Mario : Alberto Cracco
Madame Enea : Piera Degli Esposti
Aldo Moro : Paolo Graziosi
Vincenzo Scotti : Gianfelice Imparato
Vittorio Sbardella : Massimo Popolizio
Giuseppe Ciarrapico : Aldo Ralli
le magistrat Scarpinato : Giovanni Vettorazzo
Fanny Ardant

Directeur de la photographie : Luca Bigazzi
Compositeur : Teho Teardo
Monteur : Cristiano Travaglioli
Monteur son : Silvia Moraes
Mixage : Angelo Raguseo
Chef décorateur : Lino Fiorito
Costumière : Daniela Ciancio
Coiffeur : Aldo Signoretti
Maquilleur : Vittorio Sodano
Effets spéciaux : Vittorio Sodano
Assistant réalisateur : Davide Bertoni
Ingénieur du son : Emanuele Cecere
Régisseur général : Viola Prestieri et Gennaro Formisano
Directrice du casting : Annamaria Sambucco

Production : Indigo Film, Italie - Lucky Red, Italie - Parco Film , Italie - Babe Films, France - Arte France cinéma, France - StudioCanal, France
Distribué par StudioCanal

Il Divo
Il Divo, de Paolo Sorrentino, couronné à Cannes, a clôturé en beauté les Rencontres du Cinéma Italien d’Annecy. C’est un événement esthétique, un grand choc. Il retrace un moment de la vie de Giulio Andreotti, député démocrate-chrétien dès 1946, sept fois premier ministre, aujourd’hui “sénateur à vie” (cela existe!). Mystérieux, toujours soupçonné, accusé du pire. Beaucoup le croient mafieux et aucune enquête ne l’a jamais prouvé jusqu’au bout. Il a été condamné par des tribunaux pour des faits gravissimes et les jugements ont toujours été cassés. Il a refusé en 1978 de négocier avec les Brigades Rouges qui allaient assassiner son ami Aldo Moro. Il participe ces jours-ci, paisiblement, à la lecture publique et intégrale de la Bible, entre Benoît XVI et Roberto Benigni. Il a vu le film de Sorrentino et, imperturbable, sans se mettre en colère, il est sorti en disant: “É una mascalzonata”, “c’est une vilenie”. Le film est le portrait d’un homme politique et de son milieu et les Français pourraient s’effrayer d’un récit où ils ne reconnaîtront personne, où la plupart des événements resteront mystérieux. Qu’ils ne s’inquiètent pas. Le film utilise le grotesque, la caricature avec tant de force qu’on n’a pas besoin d’en comprendre chaque référence historique. Il y avait du grotesque et de la caricature dans Citizen Kane. Ici, c’est le film entier qui est un immense défilé de marionnettes, autour d’un clown triste et bossu, impassible, imposant sa puissance à une nation pendant soixante ans. On a rarement vu une telle méditation sur l’histoire, le pouvoir et leurs mystères. Le comédien qui incarne Andreotti, Toni Servillo, vu cette année dans Gomorra, entre ainsi dans l’histoire du cinéma, avec le réalisateur de ce film inouï qu’il ne faudra rater sous aucun prétexte.

René MARX (publié dans Fenêtres sur Cours)

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