La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Je ne suis pas là pour être aimé de Stéphane Brizé

Je ne suis pas là pour être aimé de Stéphane Brizé

(France - Sortie 12 octobre 2005 - 1h33)

avec : Patrick Chesnais (Jean-Claude), Anne Consigny (Françoise), Georges Wilson (le père de Jean-Claude) , Lionel Abelanski (Thierry) ,Cyril Couton (le fils de Jean-Claude), Geneviève Mnich (la mère de Françoise) , Hélène Alexandridis (la soeur de Françoise), Anne Benoit la secrétaire), Olivier Claverie (le dragueur), Marie-Sohna Condé (Rose Diakité), Pedro Lombardi (le professeur de tango)
Scénario : Stephane Brizé et Juliette Sales
Montage : Anne Klotz
Musique originale: Christoph H. Müller, Eduardo Makaroff
Directeur de la photographie: Claude Garnier
Production: Miléna Poylo et Georges Sacuto, TS Productions, France

Je ne suis pas là pour être aiméJe sors du film de Stéphane Brizé - dans tous les sens du terme, j'avais tellement l'impression d'être à l'intérieur, tant de thèmes nous rapprochant, le père, la filiation, le tango argentin, la solitude aussi - bouleversé. C'est un excellent film. Ca paraît simple de le dire ainsi mais que dire d'autre ? Que le montage est magnifique et si précis, aussi précis que le cavalier d'une danseuse de tango, ou que la cavalière d'un danseur de tango, que le regard sur la famille est d'un grand courage, jusqu'au corps du père et à la fouille (j'ai vécu ces moments-là, dans mon roman, "Trois cailloux à Buenos Aires", il y a exactement le même passage sur le père qui regarde le fils en tirant le rideau de sa chambre, avec cette question : qu'est-ce que la présence puis l'absence d'un père ? et cette réponse : un rideau qui a bougé dans un demi-secret et ne bougera plus... - que c'est une histoire d'amour renversante comme une danse - avec un fiancé écrivain incroyablement bien interprété, dans son impuissance; une mère et son incompréhension, avec son chemin de table à la noix; un fils qui se planque derrière ses plantes vertes; un chien qui s'appelle Michel (pas Marx heureusement, je l'ai échappé belle), un élève jaloux qui veut casser ce qu'il n'a pas pu conquérir, et tous ces regards en cascade à travers des fenêtres (Jean-Claude regarde le cours de tango presque aussi discrètement que son père le regardait partir, comme si la vie n'était autorisée que de loin, et Françoise tapera en vain contre la vitre avant que Jean-Claude ne la fuie - leur premier et seul baiser avait été aussi échangé à l'abri de ces vitres, derrière un rideau de pluie) ou à travers des portes où l'on écoute pour qu'enfin tout se dise et éclate, toutes les soirées passées sans personne, avec un chien à qui l'on a donné le prénom d'un homme afin de l'envoyer au panier avec un semblant d'humanité. J'ai aimé les gros mots, tous ces gens qui finissent par dire qu'on les fait chier, qu'on les empêche d'être ce qu'ils sont. J'ai aimé que Jean-Claude mouche ces deux flics à la con, que cette victoire lui permette enfin de sourire, ce qui ne lui était pas arrivé depuis... depuis en tout cas le début du film, un film que le réalisateur a dû tourner au moins sept fois dans sa mémoire avant de le réaliser, tant est mature sa mise en scène, digne son abord des personnages, grande sa conscience du temps qui passe et de la beauté de l'amour, et du tango. Bravo.

Michel MARX

Réaction d'une internaute : "C'est un titre qui peut nous laisser perplexes....interrogatifs....
Le thème de ce film est tourné vers le verbe "aimer" dans toute sa complexité....
Pris au premier degré le titre va à l'encontre de l'apologie du tango...(cette danse sensuelle...si tactile!!..). Et voilà que le film met en scène...l'attirance...la complicité d'un homme et d'une femme...la naissance de sentiments nouveaux...provoquant chez chacun une remise en question de son vécu... C'est l'ouverture...vers la réflexion...la décision...une prise de conscience sur leur choix de vie... Le titre met en négation le verbe"aimer", mais petit à petit...il prend une place prédominante dans la décision de Jean-Claude et Françoise...vient alors l'interrogation du pouvoir de l'amour.... C'est un film tendre...émouvant..une histoire d'amour bouleversante et évidente..."

Séance exceptionnelle Je ne suis pas là pour être aimé
le 30 octobre à 21h, comédie française de Stéphane Brizé, 2004, 1h33
avec : Patrick Chesnais, Anne Consigny, Georges Wilson, Lionel Abelanski et, dans le rôle du professeur de tango, Pedro Lombardi, le photographe uruguayen résidant à Paris dont Le Latina salue le talent à travers une exposition de photographies à la Galerie Renoir, du 30 octobre, à partir de 19h, au 5 novembre 2007, sous le titre Invitation au tango  et une projection d’images en musique scénarisée par Pedro Lombardi, le mardi 30 octobre à 21h, avant « Je ne suis pas là pour être aimé »
Soirée organisée dans le cadre de la 10e édition du festival
"Paris Banlieues Tango" (PBTa) http://pbta.free.fr

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