La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : L'homme sans âge de Francis Ford Coppola

L'homme sans âge de Francis Ford Coppola

Drame allemand, italien, français, américain. Titre original : Youth Without Youth - Année de production : 2005 - Date de sortie France: 14 Novembre 2007 - Durée : 2h05min.
Réalisé par Francis Ford Coppola
Scénariste : Francis Ford Coppola (d'après l'oeuvre de Mircea Eliade)

Interprètes :
Dominic : Tim Roth
Veronica/Laura : Alexandra Maria Lara
Professeur Stanciulescu : Bruno Ganz
Tucci : Marcel Iures
Anetta : Adriana Titieni
Josef Rudolf : André Hennicke
Pandit : Adrian Pintea
La femme de la chambre n°6 : Alexandra Pirici
Dr. Gavrila : Florin Piersic Jr.
Dr. Chirila : Zoltan Butuc
Dr. Chavannes : Alexandru Repan
La réceptionniste de l'hôtel : Anamaria Marinca
Davidoglu : Mircea Albulescu
...

Directeur de la photographie : Mihai Malaimare Jr.
Compositeur : Osvaldo Golijov
Monteur : Walter Murch
Monteur son : Walter Murch
Directeur artistique : Mircea Onisoru
Chef décorateur : Calin Papura
Décorateurs : Adi Popa, Ruxandra Ionica
Costumière : Gloria Papura
Assistant réalisateur : Oana Ene, Craita Nanu, Vladimir Anton
1er assistant réalisateur : Anatol Reghintovschi
Ingénieur du son : Mihai Bogos
Directeurs du casting : Florin Kevorkian et Karen Lindsay-Stewart
Directeur de production : Doina Dragnea
Coordinatrice de production : Adriana Rotaru
Photographe de plateau : Cos Aelenei

Production : American Zoetrope, U.S.A.
Coproduction : SRG Atelier, Roumanie - Pricel, France- BIM Distribuzione, Italie
Distribution : Pathé Distribution, France - Sony Pictures Classics, U.S.A.
Attachées de presse : Laurence Granec et Karine Ménard

Sélection officielle Festival de Rome 2007

L'homme sans âge

On est un peu surpris par les imperfections du dernier film de Coppola, tout en lui reconnaissant un grand pouvoir de fascination. On va alors regarder du côté du court roman de Mircea Eliade Le temps d’un centenaire, dont il est l’adaptation. Et on comprend mieux. Eliade a écrit ce texte à soixante-neuf ans, Coppola en a soixante-huit, et Dominic Matei, le héros du film, en a soixante-dix dans les premières images. Il y a donc une intimité, une connivence quasi charnelle entre ces trois “compères”, l’écrivain, le cinéaste et leur personnage. Une intimité, qui, à travers le talent de Coppola, est restituée et rend le film fascinant. Mais il y a aussi dans le texte d’Eliade ce côté bric-à-brac, ces invraisemblances, ces clichés et même cette absence de rigueur et d’achèvement dans la construction narrative qui se retrouvent totalement dans le film. Coppola n’a presque rien changé au récit. Les aspects les plus conventionnels, presque ridicules, sont conservés. Par exemple le Nazi savant fou ou l’héroïne qui se met à délirer en sumérien (“Je crois plutôt que c’est du babylonien…” fait dire Coppola à son héros!). Tout ça est un peu difficile à encaisser mais ce l’était déjà dans le texte d’Eliade. Pourtant, le temps qui passe, les manifestations physiques sinistres du rajeunissement du personnage, l’angoisse du double et des secrets gagnés sur la mort, tout cela nous saisit et nous étonne, au-delà même des inconséquences de construction. Coppola l’a dit dans toute la presse, il a voulu faire un film de débutant, sans rien demander à personne, sans argent. La liberté du grand cinéaste qui devient vieux et se lance enfin dans un vrai cinéma adolescent, plein de grâce et d’insolence. Au fond le côté tordu du film lui donne du charme. Si le précédent film, il y a déjà dix ans, l’Idéaliste, film plus discret, plus en demi-teintes, était sans doute plus maîtrisé, plus rigoureux, Coppola ne cesse pas, avec cet Homme sans âge, d’être le grand baroque qu’il a toujours été. Dans Le Parrain 3, par exemple, il y avait déjà des scènes impossibles. Coppola a de l’avenir.

René MARX (publié dans Fenêtres sur Cours en novembre 2007)

site officiel : www.lhommesansage-lefilm.com/

 

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