La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : La Playa de Juan Andrés Arango

La Playa de Juan Andrés Arango


Titre original : La Playa D.C.
Drame social colombien
Durée : 1h 30min

Sortie France : 17 avril 2013

Scénario et réalisation : Juan Andrés Arango

Interprètes principaux :
Luis Carlos Guevara : Tomas
Jamés Solís : Chaco
Andrés Murillo : Jairo

Producteur : Jorge Andrés Botero
Coproducteur : Thierry Lenouvel
Producteur délégué : Julián Giraldo
Productrice : Diana Bustamante
Coproducteur : Mauricio Aristizábal
Coproducteur : Vania Catani

Directeur de la photographie : Nicolas Canniccioni
Ingénieur du son : Jean-Guy Véran
Chef monteur : Felipe Guerrero
Chef décoratrice : Angelica Perea
Chef maquilleur : María Clara López
Régisseur général : Paola Perez
Scripte : Biviana Márquez
Attachée de presse : Claire Viroulaud
Distributeur France (Sortie en salle) : Jour2fête
Production : Septima Films - Burning Blue - Ciné-Sud Promotion
Coproduction :Bananeira Filmes

La playaPremier long métrage de fiction de ce jeune chef opérateur de documentaires - la pâte documentaire est évidente et bienvenue dans ce voyage au coeur d'un quartier socialement très parlant de Bogotá nommé "La Playa" - habité par les déplacés de la guerre, communauté afro-colombienne qui cherche sa place dans la mouvance de la capitale (On estime que entre 1991 et 2006, près de 300 000 Afro-colombiens en provenance des côtes Pacifique et Atlantique se sont installés dans la mégapole, dessinant une nouvelle carte d'un multi-culturalisme obligé).

Sans chercher forcément la comparaison avec d'autres films, du monde entier, on accueille avec un regard interessé ce voyage dans une sorte de "bulle" qui résulte d'une souffrance, d'un déplacement forcé, d'un mode opératoire qui s'appelle la survie et en cela est universel et fort contemporain. Ce n'est pas pour autant que Juan Andrés Arango tombe dans le film social attendu ou dans le misérabilisme, piège qui attendait le sujet au tournant. Au contraire, l'expérience sans doute du documentaire et l'engagement d'acteurs non professionnels (Luis Carlos Guevara, qui interprète le rôle principal, a lui-même grandi dans ce "ghetto"), apportent à cette histoire douloureuse une authenticité et une profondeur, issues aussi du sujet lui-même et de ce que l'on pourrait appeler l'axe résolutoire de l'intrigue :
Tomas, le personnage principal, devient coiffeur dans le centre commercial Galacentro 18, construit dans les années 90 et abritant à la fois la pègre et les branchés à la recherche de coupes ethniques, et c'est en dessinant sur le crâne de ses clients les figures d'un signifiant héritage culturel, qu'il monte les marches difficiles d'une reconquête de sa dignité et surtout d'une dignité familiale en risque. (Les grands-mères racontent que jadis les femmes des esclaves envoyés à la mine leur envoyaient leurs enfants avec des cartes tracées sur la tête pour leur indiquer le chemin pour s'échapper).

Jeté à la porte par sa mère et son beau-père (quelque chose alors d'un 400 coups des bidonvilles), Tomas, la vingtaine, erre dans le quartier de La Playa à Bogota, où il trouve ce que l'on pourrait désigner comme une famille élargie tandis que son jeune frère. Jairo, tourne mal, tenté par la voie si proche, en ces lieux, de la drogue et trafics qui y sont liés. L'aîné des trois, Chaco, cherche à fuir à l'étranger. Enfant du milieu, sans jeu de mots, Tomas est fasciné par le dessin, c'est d'ailleurs l'ouverture du film, et cette fascination va le sauver. C'est presque alors la magie qui parle puisque traçant des lignes sur les têtes il s'offre à lui-même une voie nouvelle. Plus que moral, cette "fable réaliste" est un beau témoignage sur la force des origines, sur la difficulté d'être, sur un pays meurtri.

Michel MARX

Bande-annonce :


La Playa D.C (2013) Trailer par Afro-Style-Communication 



Accueil | Copyright | Contact | ©2012 Michel Marx