La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Le grand appartement de Pascal Thomas


Le grand appartement de Pascal Thomas

(Film français - Genre : Comédie - Année de production : 2006 - Date de sortie : 27 Décembre 2006 - Durée : 1h 43min)

Avec :
Laetitia Casta (Francesca) - Mathieu Amalric (Martin) - Pierre Arditi (Adrien) - Noémie Lvovsky (
Charlotte Falingard) - Maurice Risch (gérant Falingard) - Sylvie Lachat (la juge Villebosse) - la présidente du tribunal Falingard (Elisabeth Macocco) - Dominique Harispuru (l'avocat Falingard) - Annick Claudon (huissier tribunal Falingard) - Stéphanie Pasterkamp (Véronique) - Valérie Decobert (Annette) - Cheik Doukouré (Oussamba) - Laurentine Milébo (Mama Oussamba) - Mariam Kaba (femme Oussamba 1) - Sarah Touré (femme Oussamba 2) - Sylvestre Amoussou (l'ami d'Amoussou) - Carmen Durand (la grand-mère Joséphine) - Gisèle Casadesus (la grand-mère Marie-Antoinette) - Victoria Lafaurie (Victoria, 14 ans)...

Réalisateur/Scénariste : Pascal Thomas
Photographie : Renan Pollès
Compositeur : Reinhardt Wagner
Monteuse : Catherine Dubeau
Chef décoratrice : Katia Wyszkop
Costumier : Maud Molyneux
1er assistant réalisateur : Olivier Horlait
Ingénieur du son : Pierre Lenoir, Bernadette Thiboud
Directrice du casting : Claire Coulange
Scripte : Nathalie Lafaurie
Directeur de production : Hubert Watrinet
Photographe de plateau : Hassen Brahiti

Production : Les Films Français, France
Distribution : Mars Distribution, France
Attachés de presse : Tony Arnoux, André-Paul Ricci, Christopher Robba

Le grand appartementLe 27 décembre sortira le nouveau film de Pascal Thomas. Depuis “Les Zozos”, mémorable début en 1972, Thomas a réalisé une quinzaine de films. Dont au moins un chef-d’oeuvre, le renoirien “Les maris, les femmes, les amants” en 1988, et des films d’une extrême élégance comme “La dilettante” ou “Mon petit doigt m’a dit”. Ce qui est renoirien chez Pascal Thomas, c’est sa complète liberté de mouvement, son absence de formatage. Comme tout bon anarchiste formel, il ne rend de compte qu’à sa fantaisie. Ce nouveau film est un capharnaüm idéal, où se croisent plusieurs scénarios, des personnages colocataires d’un film imaginé par un vrai cinéaste. Le prétexte est la célébration de la loi de 1948 sur les loyers, cette occasion d’habiter librement dans de beaux espaces sans être victime des spéculateurs, cette dernière possibilité, aujourd’hui presque disparue, de vivre à Paris la vie de bohême, un mot probablement incompréhensible en 2006. Ce prétexte donné, Thomas part dans tous les sens, mélange les gags délirants aux mots d’auteur décomplexés (“Madame, si votre coeur est aussi dur que vos fesses, nous n’avons aucune chance…”). Il célèbre une icone médiatique, Laetitia Casta, qui, depuis le ratage astérixien, a imposé une vraie présence de comédienne. Il laisse Amalric et Arditi sur leur erre atteindre des sommets de délire, et conclut son film par un numéro de French Cancan anachronique, splendidement filmé et parfaitement inattendu. Il faut dire qu’il y a des déséquilibres, des baisses de tension, des incohérences. Le plaisir n’en est pas diminué. Ce film ressemble bien au joyeux bordel de certains films de Jean Renoir. Pascal Thomas n’est pas aussi grand que son maître mais ses nombreux moments de grâce n’en sont pas indignes.

René MARX

(article paru dans Fenêtres sur Cours en décembre 2006)

 

 

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