La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Le Nouveau monde de Terrence Malick

Le nouveau monde de Terrence Malick

Date de sortie France: 15 février 2006

(Film américain. Titre original : The New world - Année de production : 2005 - Durée : 2h 16min)

avec Colin Farrell (John Smith), Christian Bale (John Rolfe), Q'orianka Kilcher (Pocahontas), Noah Taylor (Selway), August Schellenberg (Powhatan), Wes Studi (Opechancanough), Ben Chaplin (Jehu Robinson), Christopher Plummer (Capitaine Christopher Newport)...

Scénario : Terrence Malick
Directeur photo : Emmanuel Lubezki
Montage : Richard Chew, Hank Corwin, Saar Klein
Costumière : Jacqueline West
Chef décorateur : Jack Fisk
Musique : James Horner

Producteur : Terrence Malick
Productrice : Sarah Green
Production : New Line Cinema, U.S.A.
Exportation/Distribution internationale : New Line Cinema, U.S.A.
Distribution : New Line Cinema, U.S.A. et Metropolitan FilmExport, France


Le Nouveau MondeOn écrit déjà ici et là que Le Nouveau monde serait un film naïf. A ce point de raffinement artistique, de minutie, de splendeur visuelle, la naïveté est évidemment une qualité supérieure. A répéter que Malick serait fasciné par le "bon sauvage", on oublie qu'il raconte le début de trois cents années de massacres, l'amorce d'un génocide, de l'éradication d'un monde. Il parle de la profanation et de la virginité (on est en 1607 sur les côtes de "Virginie"), il parle de la guerre et de l'amour, et il est absurde de ne pas voir que ces catégories sont les termes de contradictions douloureuses, réelles, ni naïves ni imaginaires.Loin de refaire la Pocahontas de Walt Disney, loin de réaliser une bluette, Malick médite devant nous sur une histoire vraie, celle de l'Amérique, celle des temps modernes. Son regard sur la Nature et sur la Guerre, en tant que paysages et en tant que concepts philosophiques, est d'une hauteur qui ridiculise les critiques méprisants. Sa religiosité touchera les matérialistes les plus endurcis, parce qu'elle est véhiculée par un art, le cinéma, qu'il maîtrise à l'égal des plus grands. Qui filme comme lui aujourd'hui? Qui travaille la douleur de l'histoire avec une telle science du cinéma? On n'est pas si loin de Murnau, un autre "naïf".


René MARX

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