La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Le pressentiment de Jean-Pierre Darroussin

Le pressentiment de Jean-Pierre Darroussin

(Film français réalisé par Jean-Pierre Darroussin- Genre : drame - Année de production : 2005 - Date de sortie : 04 Octobre 2006- Durée : 1h 40min.)

Interprètes : Charles Benesteau : Jean-Pierre Darroussin
Isabelle Chevasse : Valérie Stroh
Sabrina Jozic : Amandine Jannin
Alice Benesteau : Anne Canovas
Gabrielle Charmes-Aicquart : Nathalie Richard
Edith Benesteau : Laurence Roy
Marc Benesteau : Hippolyte Girardot
Edouard Benesteau : Alain Libolt
Monsieur Serrurier : Aristide Demonico
Madame Serrurier : Michele Ernou
Farida Garibaldi : Vittoria Scognamiglio
Monsieur Garibaldi : François Monnie
Helena Jozic : Natalia Dontcheva
Thomas Jozic : Ivan Franek
Eugénie : Mbembo
Le vieil homme : Maurice Chevit
Jean : Patrick Bonnel
Victor Chevasse : Lou-Nil Font
...

Scénario : Jean-Pierre Darroussin et Valérie Stroh, d'après l'oeuvre de Emmanuel Bove
Directeur de la photographie : Bernard Cavalié
Compositeur : Albert Marcoeur
Monteuse : Nelly Quettier
Mixage : Dominique Gaborieau
Monteur son : Valérie Deloof
Costumière : Karen Muller Serreau
Chef décorateur : Michel Vandestien
Maquilleuse : Sylvia Carissoli
1er assistant réalisateur : Valérie Megard
Ingénieur du son : Jean-Pierre Duret
Régisseur général : Bruno Ghariani
Directrice du casting : Brigitte Moidon
Scripte : Virginie Barbay
Photographe de plateau : Nathalie Mazéas

Producteur : Patrick Sobelman
Production : Agat Films & Cie, France - Bac Films, France - France 2 Cinéma, France
Directeur de production : Philippe Hagege
Distribution : Bac Films, France
Attachées de presse : Laurence Granec, Karine Ménard

Le pressentimentJean-Pierre Darroussin comédien inspire depuis des années une tendresse particulière aux spectateurs. L’amitié qu’on ressent absurdement pour une image de cinéma, pour quelqu’un dont on a jamais vu autre chose que l’ombre colorée sur un écran. Mais le fait est qu’il nous semble reconnaître en lui une humanité particulière, une présence qui nous touche chez Klapisch, chez Guédiguian, chez Blier. Savoir qu’il a réalisé un film, un premier film, inspire confiance. On se dit qu’il ne décevra pas notre attente. Et on ne se trompe pas. Il s’agit d’un film profondément marqué par la littérature. D’abord parce qu’il est l’adaptation d’un roman écrit en 1935 par Emmanuel Bove. Ensuite parce que son héros, avocat de la grande bourgeoisie qui a tout abandonné pour vivre chez les pauvres, a décidé d’écrire. Et enfin parce que comme dans une certaine littérature, c’est un film sur le regard intérieur, la parole intérieure. Un film méditatif. Or il est extrêmement difficile de réussir à représenter la méditation au cinéma. Le cinéma est majoritairement fasciné par l’action, ce qui a donné beaucoup de chef-d’oeuvres, et par la caricature de l’action, ce qui a donné encore plus de navets. Donc représenter un homme qui s’est arrêté de caricaturer l’action, un homme qui réfléchit, qui s’interroge, regarde le monde, pense à la méchanceté, au mensonge, à sa propre mort; représenter un tel homme sans faire mourir d’ennui le spectateur est un défi remarquable. En réalilté le personnage qu’interprète Darroussin agit, ne cesse jamais d’agir, mais jamais où on l’attend: il agit en pensant, et choque nécessairement ses contemporains les menteurs. Ce premier film n’a rien de naïf, parce qu’il est évidemment le résultat d’une vie de pensée et d’expérience artistique. Un résultat qui confirme qu’on peut ressentir de l’amitié pour une ombre colorée.

René MARX (article paru en octobre 2006 dans Fenêtres sur cour)

 

Accueil | Copyright | Contact | ©2006 René Marx