La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Les petites fleurs rouges de Zhang Yuan

Les petites fleurs rouges de Zhang Yuan

(Film chinois, italien - Titre original : Kan shang qu hen mei - Genre : Comédie - Année de production : 2005 - Date de sortie : 27 Décembre 2006 - Durée : 1h 32min. )

Avec :
Fang Qiangqiang : Dong Bowen
Yang Nanyan : Ning Yuanyuan
Yang Beiyan : Chen Manyuan
Ms. Li : Zhao Rui
Ms. Tanga : Li Xiaofeng
Dou : Sun Yujia
Fa : Du ma
Pang : Liu Runqiu
Mao : Wang Ziye
Jin : Zhang Yanghao
Jia : Kang Jiani
Hai : Zhao Jiaheng
Qian : Liu Lian
Ning : Yao Qing
Long : Li Huacheng

Réalisation : Zhang Yuan
Scénario : Ning Dai et Zhang Yuan (d'après l'oeuvre de Wang Shuo)

Producteurs : Marco Muller et Zhang Yuan
Productions : Citic Culture et Sports Entreprises, Chine - Century Hero Film Investment Company
, Chine - Beijing Century Good-Tidings Cultural Development, Chine - Downtown Pictures
, Grande-Bretagne - Rai Cinema, Italie - Istituto Luce, Italie
Distribué par CTV International
Sélectionné en 2006 au Festival de Sundance et au Festival de Berlin dans la catégorie Panorama.

les petites fleurs rouges

Dans la Chine des années 50-60 (même si l'année n'est pas indiquée), Qiang a 4 ans, quand son père, pilote de ligne, dont on ne voit que le bas du corps - point de vue de l'enfance oblige - l'inscrit en internat. Le film s'ouvre sur les pleurs de l'enfant, et les pleurs reviendront, les siens, ceux des autres, des pleurs qui rythment ce film, peu dialogué, adapté d'un livre semi-autobiographique écrit par l'un des producteurs, Wang Shuo, dissident chinois. La copine que choisit Qiang, Nanyan, qui l'aidera à passer les moments les plus difficiles, est interprétée par Ning Yuanyuan, la fille du réalisateur. Autant dire que ce film a été conçu presque en famille, et ce n'est pas un hasard tant il s'agit ici de la perte de la famille et de la nécessité d'en trouver une, à travers le jeu, les complicités, les terreurs partagées. Car dans ce lieu fermé, que côtoie un hôpital énigmatique vers lequel Qiang fuguera à plusieurs reprises, la base du contrat imposé aux enfants est : "Une bonne action, une fleur rouge offerte, une mauvaise action, une fleur rouge reprise". Et chaque fin de semaine, le compte des fleurs est fait, et les contentements alternent avec les déceptions. Au quotidien, c'est l'humiliation du lavage imposé au son d'un sifflet, l'alignement des petites fesses torchées avec la même serviette par les maîtresses, des petites fesses qui semblent être toujours à l'air de par la tenue chinoise des enfants où les pantalons sont fendus pour qu'ils n'aient pas à les baisser au moment de satisfaire leurs besoins, autre rituel organisé de main de fer. Qiang pousse ses condisciples à se rebeller - faisant circuler la rumeur que la principale, Mme Li, est un ogre qui mange les enfants, mais le pouvoir des petits n'ira pas loin tant il est limité face à la loi, et QIang sera puni et condamné à l'isolement. D'où son passage à la violence et la philosophie du film : humiliez les enfants, ils rendront la violence à tout va. Allant chercher pour le traitement du côté des 400 coups de Truffaut, rappelant forcément pour l'internat quelques aspects des Choristes de Christophe Barratier, ce regard assez distancié sans doute pour préserver les apparences, la censure chinoise ayant épinglé les cinq premiers films du réalisateur, nous met en plein visage les dangers du collectivisme et les conséquences de toute oppression. Une oppression qui semble silencieuse tant elle elle est en effet imposée sans coups, ce qui la rend sans doute aussi dangereuse, une oppression que l'on regrette par moments de voir traitée de cette façon assez répétitive, liée à la vie répétitive de ce microcosme certes qui, on le comprend bien, est représentatif des failles d'un système. Un système qui doit nous donner à réfléchir sur le nôtre, en ces temps où l'on parle beaucoup d'éducation... On reste tout de même sur la sensation que ce film qui parle des enfants ne leur est pas tout à fait destiné, le problème étant que l'on n'est pas persuadé non plus que sa façon de mettre en scène ces déboires subis dans l'enfance touchera si facilement le public adulte qui attend peut-être davantage de contenu dans cet état des lieux établi comme à la loupe, une loupe qui frise parfois, même si l'on n'a pas envie de le formuler ainsi catégoriquement, avec une certaine complaisance sur les corps. Comme si la relative délicatesse de traitement jouait dans sa globalité visuelle contre le film lui-même.

Michel MARX

site du film (en français) : www.ctvint.fr/pages/fiche.asp?id=3417

 




 


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