La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris

Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris

(Film américain - Genre : Comédie - Année de production : 2005 - Date de sortie : 06 Septembre 2006 - Durée : 1h 40min.)

Comédiens : Richard : Greg Kinnear - Sheryl : Toni Collette - Frank : Steve Carell - Olive : Abigail Breslin - Grand-père : Alan Arkin - Dwayne : Paul Dano - Sally Kirkwood : Alissa Anderegg - Princesse/Papillon : Cassandra Ashe - employé des pompes funèbres : Jerry Giles - Nancy Jenkins : Beth Grant - Stan Grossman : Bryan Cranston - agent de police McCleary : Dean Norris ...

Directeur de la photographie : Tim Suhrstedt
Compositeur : Mychael Danna
Monteuse : Pamela Martin
Directeur artistique : Alan E. Muraoka
Chef décoratrice : Kalina Ivanov
Décoratrice : Melissa M. Levander
Costumière : Nancy Steiner
Superviseur des effets visuels : Adam Avitabile
1er assistant réalisateur :Thomas Patrick Smith
2ème assistant réalisateur : Gregory J. Smith
Réalisateur de 2nd équipe : Thomas Robinson Harper
Producteurs : Albert Berger - David T. Friendly - Peter Saraf - Marc Turtletaub - Ron Yerxa
Producteurs exécutifs : Jeb Brody et Michael Beugg
Directeurs de casting : Justine Baddeley et Kim Davis
Distribution : Fox Searchlight Pictures, U.S.A. - Twentieth Century Fox France, France

César 2007 : Meilleur film étranger

little miss sunshineUne famille américaine, les Hoover, composée d'un échantillon représentatif de la société contemporaine, voyage dans un van bringuebalant vers la Californie parce que la plus jeune de tous, Olive, 7 ans, est invitée à participer au ridicule concours de Little Miss Sunshine, et qu'elle n'est pas prête à renoncer. Dans la famille Hoover il y a le père, Richard, qui a décrété que la réussite se déclinait en neuf points, et fatigue son entourage. Il y a la mère, Sheryl, qui arrondit tous les angles en veillant à ne laisser personne dans le fossé, protègeant entre autres son frère, Frank, spécialiste de Marcel Proust détrôné de son titre par un concurrent et qui, homosexuel comme l'auteur qu'il vénère, vient de rompre avec son amant et de tenter de se suicider. Il y a Dwayne, le frère d'Olive, qui, guidé par sa lecture de Nietzche, hait sa famille et a décidé de rester silencieux jusqu'à son entrée dans l'Air Force Academy en répondant aux questions par des annotations sur un carnet. Il y a le père de Richard, qui après s'être heurté aux nazis ne se laisse plus impressionner par personne, et qui encourage son muet de petit-fils à passer des livres de philosophie aux revues pornos et des annotations stériles aux ébats amoureux, de préférence avec des mineures, étant donné que, mineur lui-même, il ne risque pas encore les tribunaux. Seulement voilà, l'existence n'est pas un jeu de société, surtout quand elle ne fait pas tout à fait le jeu de la société. On ne peut pas se taire toute sa vie même si ça fait des mois que ça dure, on ne peut pas vivre éternellement, on ne peut pas prétendre que la vie se résume à des formules sans s'y casser les dents, et on ne peut pas concourir sans faire de remous. Et des remous il y en a, à voyager dans ce foutu combi à faire pâlir tout contrôle technique digne de ce nom... Little miss sunshine aurait pu être un gentil film comique pour familles à la recherche d'un spectacle fédérateur, mais c'est, avec des ingrédients universels, bien plus que cela. Parce que les acteurs sont justes, parce que le propos est sain, parce que l'humour est gonflé. L'histoire ne tombe pas dans les pièges du road-movie classique parce qu'elle dérape assez vite, à prendre les tournants à la corde, rappelant par certains aspects le film de l'Argentin Pablo Trapero sorti en 2004 : Familia rodonte. Et ici, dans ce brillant premier long-métrage, ce ne sont pas les conflits familiaux ouverts qui sont en jeu, c'est davantage la tendresse potentielle de ces marginaux qui cherche comment elle pourrait enfin s'exprimer si des principes ne les avaient pas isolés à un carrefour glissant - et la fin nous montre à quel point ils choisissent d'assumer dans la joie cette marginalité. Hymne à la joie, donc ? Oui, sans doute. Et puis très délicat et intelligent portrait de petite fille qui sait faire des choix et consoler le chagrin qui immobilise ses aînés en les tirant vers le haut, vers le mouvement, vers l'amour de la vie et le courage d'être eux-mêmes. Un film plein de grâce.

site officiel du film : www.littlemisssunshine-lefilm.com/

 


Bande Annonce : Little Miss Sunshine
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