La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Mes séances de lutte de Jacques Doillon

Mes séances de lutte de Jacques Doillon


Réalisé par : Jacques Doillon
Scénariste : Jacques Doillon

Durée : 1h39mn
Pays de production : France
Année de production : 2013
Sortie salles : 6 novembre 2013

Sara Forestier : Elle
James Thiérrée : Lui
Louise Szpindel : La soeur
Mahault Mollaret : La copine
Bill Leyshon : L'accordeur

Directeur de la photographie : Laurent Chalet
Ingénieur du son : Ivan Dumas
Chef monteur : Marie Da Costa
Monteur son : Frédéric Fichefet
Mixage : Franco Piscopo
Directeur de la photographie : Laurent Fénart

Distributeur France (Sortie en salle) : KMBO
Exportation/Distribution internationale : Doc & Film International

Mes séances de lutte
Mes séances de lutte

Comme toujours pour Doillon, le temps perdu n'existe pas. Il entre en matière sans préparation et ne lâche plus le spectateur, jusqu'au dernier plan. Comme toujours chez Doillon, on parle beaucoup mais il n'y a jamais de bavardage.

Dans ses dialogues, un mot superflu est inimaginable. Les deux personnages de Mes séances de lutte, "elle" et "lui" (ils ne portent pas de nom), commencent leur dialogue par des mots, mais, comme une évidence, ils vont devoir se battre, physiquement, au cours de longs plans-séquences, pour pouvoir se toucher vraiment, autrement.

Ce pas de deux entre un ours et une poupée, particulièrement intelligents l'un et l'autre, joue sans cesse avec les limites de la violence. Doillon utilise l'extrême finesse du jeu de Sara Forestier, qui stupéfie tous ceux qui la regardent depuis maintenant dix ans. Mais aussi l'expérience d'homme de cirque et de spectacle de James Thierrée, qui a expliqué que ce qu'il savait faire, sans aucun doute, c'était "tomber". On n'est pas dans la chorégraphie, mais il a fallu aux deux comédiens des talents de danseurs pour tenir la gageure d'un bout à l'autre de leur confrontation. Doillon a commencé son scénario en regardant un tableau de Cézanne, La lutte d'amour.

Quand, éreinté et fasciné, on sort de la projection, on se dit que s'inspirer d'un tel maître permet au cinéaste de mettre en scène l'amour physique comme aucun autre cinéaste français depuis longtemps. Qui d'autre, depuis Pascale Ferran dans Lady Chatterley, en 2007, est allé aussi loin ? Cela confirmerait presque à quel point le très beau film de Kechiche souffre de son échec à filmer le "sexe". Dans Mes séances de lutte, pour les scènes où les corps se rencontrent, Cézanne devait être caché quelque part sur le plateau.

René Marx


MES SEANCES DE LUTTE - Bande-annonce VF par CoteCine 

 



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