La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Palais royal ! de Valérie Lemercier


Palais royal ! de Valérie Lemercier



(France - sortie en salle 26 novembre 2005 - 1h40)

avec Valérie Lemercier, Lambert Wilson, Catherine Deneuve, Michel Aumont,
Mathilde Seigner, Denis Podalydès...

Scénario : Valérie Lemercier, Brigitte Buc
Producteur : Edouard Weil
Producteur associé : Jean Coulon
Directeur de la photographie : James Welland
Costumière : Catherine Leterrier
Chef monteur : Luc Barnier
Chef décorateur : Jacques Bufnoir
Compositeur : Bertrand Burgalat
Distribution : Gaumont Columbia Tristar Films, France

Palais royal !PALAIS-ROYAL
Certains cinéastes, qu’il faut avoir la charité de ne pas nommer, se persuadent que les gags originaux suffisent à réussir une comédie. On les devine, collectionnant les notes dans de petits carnets, convaincus qu’un film est un herbier où on colle de jolies idées. Tel n’est pas le cas de Valérie Lemercier. Elle a de bonnes idées, c’est sûr, elle a même peut-être un petit carnet, mais elle a surtout un talent véritable de cinéaste, un sens du rythme, de la justesse du ton, qu’elle prouve une fois de plus dans “Palais-Royal”. Tout est dans le détail, la mimique furtive, la réplique au bon moment, la coupe franche d’une scène que trente secondes de plus ou de moins aurait gâchée. Dans son premier film, “Quadrille”, injustement méconnu, elle n’avait pas hésité à s’attaquer à Guitry. Malgré l’ombre du grand homme, il s’agissait d’une totale réussite. La justesse de ton était déjà la principale qualité de la réalisatrice débutante d’alors. Huit ans après, cruauté et fantaisie, ou fantaisie et cruauté, on ne sait pas dans quel ordre, s’allient pour raconter tout bonnement la vie de Lady Diana, ou presque, dégommer à coups de canon l’hypocrisie bourgeoise dissimulée dans les monarchies en carton-pâte, mais aussi la télévision et sa fausse familiarité. Dénoncer la vulgarité, bien plus que la couronne d’Angleterre ou d’on ne sait où, est l’ambition de “Palais-Royal”. La justicière, “la princesse Armelle” est un grand personnage de cinéma, parce qu’elle a aussi sa part d’ombre, de mesquinerie, de rancoeur. Lemercier n’est jamais décente, jamais consensuelle, elle parle avec sa propre voix et va peut-être même obtenir un grand succès de box-office sans avoir fait la moindre concession au goût officiel, sans avoir arrondi aucun angle. Une réussite au cinéma, c’est peut-être aussi cela, attirer le public et ne rien perdre de sa liberté d’expression.

René MARX (article publié dans Fenêtres sur Cours en novembre 2005)

Accueil | Copyright | Contact | ©2005 René Marx