La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Retour en Normandie de Nicolas Philibert

Retour en Normandie de Nicolas Philibert

Documentaire français - Année de production : 2006 - Date de sortie : 03 Octobre 2007 - Durée : 1h 53min.

Réalisation : Nicolas Philibert

Avec : Claude Hébert, Joseph Leportier, Gilbert Peschet, Pierre Borel,Yvonne Peschet, Bernard Peschet, Jacqueline Milliere, Norbert Delozier

Exportation/Distribution internationale : Films Distribution, France
Production : Les Films d'Ici, France - Maïa Films, France - Arte France cinéma, France

Directeur de la photographie : Katell Djian
Cadreur : Nicolas Philibert et Katell Djian

Monteur : Nicolas Philibert
Mixage : Julien Cloquet
Ingénieur du son : Yolande Decarsin
Directeur de production : Katya Laraison
Assistant opérateur : Justine Bourgade, Nicolas Duchene et Benjamin Serero

Distribution : Les Films du Losange, France
Attachée de presse : Marie Queysanne

Retour en NormandieNicolas Philibert avait tourné il y a cinq ans le mémorable Être et avoir dans la classe unique de Saint-Etienne sur Usson. Il y a beaucoup plus longtemps, en 1975, il était le jeune assistant du réalisateur René Allio pour Moi, Pierre Rivière…, l’histoire exceptionnelle d’un jeune paysan lettré et taciturne qui massacra sa famille en 1835 et en fit plus tard en prison le récit circonstancié. Allio donna à des paysans normands tous les rôles principaux de son film et Philibert fit le casting avec le jeune Gérard Mordillat. Il revient donc, trois décennies plus tard, sur les lieux du tournage, rencontrer ces acteurs d’un seul film. Se mélangent alors des images du film d’Allio et les interviews d’aujourd’hui. Mais ce n’est pas si simple. Devant des hommes et des femmes qui ont aujourd’hui un métier, une vie privée, il décide de filmer cela aussi, avec une sorte de crudité qui donne un ton très particulier à son film. Si l’un d’entre eux est porcher, on verra la truie mettre bas, on le verra tenter de réanimer un porcelet nouveau-né, on verra le boucher tuer le cochon. Si d’autres ont eu des drames intimes, ils en parleront plus que de leurs souvenirs d’acteurs. S’ils ont eu des bonheurs, on les verra réunis en famille, ou se mariant au milieu de leurs amis. Mais ils reviennent tous sur cette ancienne expérience du cinéma, avec émotion et précision, et des commentaires de “professionnels à distance”. Un film très composite, très composé vaudrait-il mieux dire, qui s’échappe sans cesse vers de nouvelles significations, imprévues. Retrouvera-t-on avant la fin du film Claude Hébert, le comédien principal, aujourd’hui disparu on ne sait où? Saura-t-on quel est la trace terriblement intime pour Philibert que cachent les scènes qu’Allio ne conserva pas au montage? Saura-t-on pourquoi Philibert est à la fois si varié dans son propos et si cohérent au bout du compte? A un moment de leur carrière, certains cinéastes ont envie de réaliser un film sur… le cinéma. “La nuit américaine” pour Truffaut, “Les ensorcelés” pour Minelli. Voici donc le film de Philibert sur le cinéma, le bel autoportrait d’une passion.

René MARX

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