La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Roberto Succo de Cédric Kahn

Critiques / Roberto Succo

Roberto Succo de Cédric Kahn

 

(date de sortie : le 16 mai 2001, 2h04)

avec Stefano Cassetti (Kurt), Isild Le Besco (Léa), Patrick Dell'Isola (Thomas), Vincent Deneriaz (Denis), Aymeric Chauffert (Delaunay), Viviana Aliberti (l'institutrice suisse), Estelle Perron (Céline)
Scénario : Cédric Kahn, d'après le livre de Pascale Froment "Je te tue. Histoire vraie de Roberto Succo assassin sans raison".
Compositeur : Julien Civange
Directeur de la photographie : Pascal Marti
Ingénieur du son : Eric Devulder


Roberto SuccoIl faudra un jour sans doute poser cette question naïve, cette question idiote: pourquoi le cinéma aime-t-il les assassins? Il ne se défera peut-être jamais de ce sujet qui fait trembler son spectateur, la plupart du temps de la joie de voir de méchants bandits, bien protégé qu'il est par la barrière de l'écran. Le dernier en date est choisi par un cinéaste de très grand talent, Cédric Kahn, qui avait admirablement adapté L'Ennui d'Alberto Moravia. Le personnage opaque n'était pas alors un serial killer mais une jeune fille incompréhensible. Ici, avec peut-être moins d'intransigeance dans le style, il s'agit encore de montrer un personnage en exhibant son mystère et son opacité. Cédric Kahn reconnaît lui-même avoir fidèlement repris les faits réels sans bien savoir au départ où il allait. On suit ainsi à la fois la cavale du tueur fou et la quête impossible du sens à donner à l'histoire de ce tueur. Kahn a la grande honnêteté d'avouer dans les interviews, et dans ses images elles-mêmes qu'il ne comprend rien à Roberto Succo, qu'il ne comprend rien à sa folie meurtrière (Qui, dans le monde réel, comprend quelque chose aux assassins? Les policiers? Les juges? Les psychiatres? Les philosophes? Les victimes?) Que reste-t-il alors: exposer un à un (mais sans montrer viols ou meurtres) les instants connus de la vie du monstre. Les acteurs sont impeccables, le film est toujours intéressant: mais on ne sait pas vraiment, au bout du compte, pourquoi le cinéma aime tant les assassins…

René MARX (article publié dans Fenêtres sur Cours en 2000)

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