La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Secretos de lucha de Maiana Bidegain

Secretos de lucha de Maiana Bidegain

Documentaire de 85 min réalisé par Maiana Bidegain

Produit par Jean Francois Hautin
Caméra Jean Francois Hautin & David Manefield
Montage Maiana Bidegain
Musique originale Claire Deak & Angus O'Sullivan
Ingénieurs du son Cameron Grant & Olivia Monteith

Directrice de production (Uruguay) Victoria Martinez
Directrice de production (France) Gabriel Do Paso
Assistants de production Soledad Martinez, Daniel Lanson, German Bidegain
Camera additionnelle Laurent Rabouille, Pedro Luque, Maiana Bidegain
Son Fabian Oliver, Pablo Benedetto et Patrick Marielle

Electriciens Ramon Luna, Anibal Ibañez, Bertrand Prevost
Machinistes Gustavo Perez et Javier Alonso
Decors Rodrigo Borda
Costumes Mariana Pereira
Accesoires Rogerio Parzych
Maquillage Estela Vallegra
Coiffure Claudine St Hubert
Casting Javier Mazza

Comédiens
Andrea Martinez - Marcelle jeune
Cynthia Patinio - contact de Marcelle
Milena Delgado - Maite jeune
Marcel Sawshick - Soldat
Natalie Klang - Sonia jeune
Santiago Delucca - Francois jeune
Pablo Robles - José Maria jeune
Figurants
Ana Margarita Bidegain, Andrés Bidegain, Luis Ignacio Bidegain, Magali de Bidegain, Silvia Garcia, Cecilia Sanchez, Daniel Bergolo, Fernado Hernandez, Gustavo Bouzas, Diego Lobaurrere, Leticia Scotini, Maria Noe Tchakirian, Federico Longo, Rafael Beltran, Cecila Sheps, Antonia Gonzalez, Elvis Cardozo, Christian Bagia, Mauricio Pais, Fernando Divelio.

Stagiaires post production Julien Dumas et Rodrigue Tokpassi
Assistant montage Jeff Tinuha, Tim Wellburn et Adrian Chiarella

MUSICIENS
Percussions Richard Gleeson
Accordeon Ben Pattison
Guitare Joel Mc Lachlan
Guitare additionelle Chris Rollans
Violon Piano Edwin Montgomery

"Cielo de un solo color" Interprété et composé par Emiliano Brancciari, Mateo Moreno y Pablo Abdala - No te va gustar.
"Deja que los pajaros regresen" Interprètes Los Zucará- Julio Victor Gonzalez, composé par Fernando Rotulo,
Paroles de Enrique Silva

Archives Cinemateca, Manuel Martinez Carril, Biblioteca nacional de Montevideo
Extraits de "La 1era Marcha Cañera", réalisée par José Bouzas et Walter Dassori
Journaux El Dia, Marcha, El Pais, El Pueblo de Salto, La Prensa de Salto
Mixage Olivia Monteith
Mixage musique Geir Gunnavson - Etalonnage Maiana Bidegain

PRIX DE L 'UNION LATINE DU MEILLEUR DOCUMENTAIRE AU FESTIVAL DE BIARRITZ 2007

Secretos de luchaCheminement d'une jeune femme basque, Maiana Bidegain, qui vit en France mais part à la recherche d'une mémoire familiale enfouie par la période noire de la dictature militaire uruguayenne. Du Pays Basque à l'Amérique Latine, elle reconstitue les engagements de son père et de ses sept tantes et oncles, dans les luttes, légales ou clandestines, contre l'oppression. Les blessures des exils aussi... Dans les confessions des uns et des autres, elle essaie de comprendre les raisons de ces années de silence, un silence dont le poids diffus l'a peut-être menée à devenir documentariste. Ces quelques mots pourraient laisser penser que son premier documentaire est une affaire personnelle à la rencontre de laquelle part une jeune réalisatrice curieuse de comprendre ses orgines, ce qui ne serait d'ailleurs pas si gênant, mais le film va beaucoup plus loin, touchant par l'acuité de son traitement à l'universel, à la blessure de toutes les luttes, à la folie du monde, et à l'amour qui sauve peut-être à lui tout seul de l'abandon de la croyance. La grâce est passée par la brillante composition du récit - un récit tranquille d'abord puis qui descend dans les arcanes de l'histoire de ces militants, proches des Tupamaros mais qui ne dirent jamais jusqu'où et comment ils militèrent, pas même aux membres de leur famille, pour éviter qu'ils n'aient à s'humilier en les donnant sous la torture au cas où ils tomberaient, et ils tombèrent. Ce père syndicaliste et prêtre - père exemplaire filmé avec tant de respect, d'admiration discrète, de compréhension filiale - prêtre moderne qui demanda jadis au pape une dispense pour se marier, ce père qui s'interroge sur l'humain avec sa soeur (terrible scène où ils semblent exploser pour la première fois, dans l'intimité d'un matin où la chaleur donne à leurs visages et à leurs corps la fièvre qui remonte de si loin, d'après tant de silence - aujourd'hui où toute la fratrie se retrouve après plus de trente années sans avoir jamais été comme ici réunie (l'exil les dispersa, quatre seulement d'entre eux étant restés en Uruguay). Et l'émotion est dans chaque regard, dans chaque geste, dans chaque silence, et la terreur maîtrisée fut dans chacun de leurs pas, de leurs combats, de leur fuite obligée, de la perte de leurs amis, des coups reçus, de l'isolement, de la honte de demander pitié, et le spectateur de pleurer pour eux, pour eux qui ne pleurent pas, qui sourient au contraire à la vie et à la fraternité... Combien de temps aura-t-il fallu à ce père à la barbe blanche pour évoquer la torture, combien de temps aura-t-il fallu à Maiana pour décider d'interroger ceux-là qui furent meurtris dans leur chair et dans leur âme par les interrogatoires des tortionnaires qui faisaient leur travail, obéissaient aux ordres, eux qui avaient occupé quelques années auparavant les mêmes bancs d'école que leurs victimes ? Les Bidegain, une famille du Pays Basque qui avait émigré en Amérique Latine au début du 20ème siècle et allait retourner en France pour chercher refuge, là où leur nom n'avait pas été tout à fait effacé, loin de ce petit pays peu connu, caché dans l'ombre de l'Argentine où Bidegain, par confusion avec un homonyme, et de par ce qui était su de leurs actions et situations au sein de la société uruguayenne, allait devenir une famille à éradiquer, héritage dont la réalisatrice ne peut sortir indemne et témoigne, allant jusqu'à l'incroyable pour consoler peut-être son père d'une question toujours suspendue et que l'on ne dévoilera pas ici. C'est par ce geste, venant au sommet de cet édifice irréprochable qui fait de cette enquête filmée un magnifique moment de cinéma et une grande leçon de vie, c'est par ce geste - et tous ces témoignages d'une immense dignité - que ce documentaire, véritable acte d'amour qui semble presque dépasser l'objectif de la réalisatrice tant il nous emmène loin, que Secretos de luchas devient un film indispensable. Prix Union latine du meilleur documentaire au festival de Biarritz en 2007, il n'a pas encore de distributeur en France mais ne devrait, ne pourrait pas ne pas en trouver un rapidement. Secretos de lucha est une comète, un bijou sans faille, il est dans l'humilité sensible de sa disposition une première oeuvre aboutie, d'une très grande classe, un pas vers le Bon Dieu, un cadeau à la mémoire.

Michel MARX.

blog du film : http://secretosdelucha.blogspot.fr/

voir le film : www.youtube.com/watch?v=pkDkTRenKUI

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