La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : The Ballad of Jack and Rose de Rebecca Miller

The Ballad of Jack and Rose de Rebecca Miller

(Drame américain - Date de sortie : 15 Février 2006 - Année de production : 2003 - Durée : 1h 52min)

Interprètes :
Daniel Day-Lewis (Jack Slevin), Camilla Belle ( Rose Slevin), Catherine Keener (Kathleen), Paul Dano (Thaddius), Jena Malone (Red Berry), Beau Bridges (Marty Rance), Jason Lee (Gray), Susanna Thompson (Miriam Rance)

Scénario : Rebecca Miller
Directeur de la photographie : Ellen Kuras
Monteuse: Sabine Hoffman
Chef décorateur : Mark Ricker

Producteur : Lemore Syvan
Production : IFC Films, U.S.A. Initial Entertainment Group, U.S.A. Elevation Filmworks, U.S.A.
Producteurs délégués : Brian Bell, Jenny Schweitzer
Producteurs exécutifs : Jonathan Sehring, Caroline Kaplan, Graham King
Coproducteur : Melissa Marr
Distribution : TFM Distribution, France

The Ballad of Jack and RoseDes nuages dans lesquels un père et sa fille projettent des formes imaginaires. De ces nuages, il va leur falloir redescendre pour remettre les pieds sur terre, entrer dans le monde. Le film nous raconte l'histoire de cette descente, comme on disait chez les babas cool "une descente de trip". Père et fille seuls depuis des années dans les restes d'une communauté hippie vivant en autarcie, bon trip ou mauvais trip ? La réalisatrice, Rebecca Miller, dirigeant admirablement ses comédiens, se garde bien de nous donner une réponse simple. La mise au monde tardive de Rose la sauvageonne ne va pas sans violence, et Jack fera les frais de son idée d'inviter sur leur île édénique sa maîtresse et ses deux fils. Mais Rose ne pouvait pas faire l'économie de cette initiation brutale, destruction, sexualité, affrontement verbal et physique, menaces… Aux images des nuages succèdent la projection en couleurs des scènes du passé et la retraite brutale des invités. Ils ont eu le temps de semer dans le cœur de Rose les germes de son ouverture au monde. Jack, dans un épilogue déchirant, prend sur lui tout l'aspect mortifère du couple qu'il formait avec sa fille, lui léguant malgré tout un goût pour les communautés et l'accord profond avec la nature, cette nature omniprésente qui donne au film sa rudesse, sa tendresse bourrue, sa beauté, cette nature convoitée mise en danger par un promoteur bonhomme et beauf (magnifiquement incarné par Beau Bridges) mais qui constitue, et c'est là le beau paradoxe sur lequel se développe le film, la prison de laquelle Rose doit s'échapper pour vivre.

Thierry Bourcy

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