La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films :

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen


Long-métrage américain , britannique . Genre : Comédie , Drame
Titre original : You Will Meet a Tall Dark Stranger
Durée : 01h38min
Année de production : 2010 - Date de sortie cinéma : 6 octobre 2010

Écrit et réalisé par Woody Allen
Avec Naomi Watts (Sally), Antonio Banderas (Greg), Josh Brolin (Roy), Anthony Hopkins
(Alfie) ...
Directrice du casting : Juliet Taylor
Directeur de la photographie : Vilmos Zsigmond
Directrice du casting : Patricia Kerrigan DiCerto
Chef décorateur : Jim Clay
Monteuse : Alisa Lepselter
Costumière Beatrix : Aruna Pasztor
Directrice du casting : Gail Stevens

Production : MediaPro Pictures
Distributeur : Warner Bros. France

Vous allez rencontrer...Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu


Avec beaucoup de simplicité, Woody Allen annonce la couleur dès le premier plan de son film. Une voix off, non identifiée, et qui le restera, rappelle la phrase de Shakespeare sur le bruit et la fureur. Puis enchaîne sur le récit à faire.

La comédie sera comme d’habitude d’excellente qualité, une habitude à laquelle il ne faut pas s’habituer. On ne doit jamais cesser de reconnaître que nul ne sait raconter les histoires comme lui, comme ce New-yorkais devenu récemment et brillamment Londonien. Ne jamais cesser de l’admirer, pour cette qualité-là d’abord : la puissance du raconteur d’histoire.

Ensuite les comédiens sont dirigés magnifiquement. Avec une mention spéciale à Antonio Banderas. Il n’est pas le protagoniste mais nourrit son personnage avec une finesse confondante. Et bien sûr cette Gemma Jones, à peu près inconnue au cinéma, comédienne anglaise tout à fait impressionnante. Donc le plaisir est là, le spectateur s’enfonce confortablement dans son fauteuil et dans le récit du maître.

C’est drôle et surprenant, les idées de scénario fourmillent, se bousculent, imprévisibles, les joyaux se succèdent, Guitry n’est jamais loin. On rit, on sourit, on nage en pleine intelligence. Il faudra attendre la fin pour savoir qu’une fois encore, Woody Allen a fait un film triste, en tout cas un film qui ne croit en rien. Il l’a dit lui-même dans une conférence de presse “Il vaut mieux croire en n’importe quoi que ne croire en rien. Moi, je ne crois en rien”. On retrouve alors l’esprit particulier de Crimes et délits ou de Match Point. Celui d’un métaphysicien jamais prétentieux, un gentleman à l’anglaise qui dispose ses petits cailloux philosophiques sans aucune esbroufe.

Ce personnage récurrent désormais de cartomancienne donne une épaisseur ironique à la métaphysique allenienne : on ne sait jamais si il met en scène les magiciens pour se moquer d'eux ou jouer avec la crainte profonde qu'ils lui inspirent.

René MARX

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