La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : LES DEUX AMIS de Louis Garrel

LES DEUX AMIS de Louis Garrel


Sortie : 23 septembre 2015
Durée : 1h42

Liste Artistique
Mona: Golshifteh Farahani
Clément: Vincent Macaigne
Abel: Louis Garrel
Colette: Mahaut Adam
Le réceptionniste hôtel: Pierre Maillet
La Directrice de la prison : Christelle DELOZE
Le metteur en scène : Laurent LAFFARGUE
L'acteur Gare de Lyon : Rachid HAMI
L'homme station service : Pierre DEVÉRINES
La femme station service : Aymeline VALADE
Le policier commissariat : Luc POIGNANT
L'assistant tournage Mai 68 : Eric BARTONIO
La femmes des bains douches :Michèle GODDET

Liste Technique
Réalisateur : Louis Garrel
Auteur – Scénariste : Louis Garrel, Christophe Honoré
Producteur délégué : Anne-Dominique Toussaint (Les Films des Tournelles)
Coproducteur : Olivier Père
Directrice de production : Juliette Lambours
Directeur de la photographie : Claire Mathon
Assistant réalisation : Valérie Roucher
Décors: Jean Rabasse
Image : Claire Mathon
Montage: Joëlle Hache
Musique : Philippe Sarde
Son : Laurent Benïm – Antoine Mercier – Benjamin Jaussaud – Mélissa Petit Jean
Costumes : Justine Pearce
1er assistant réalisation : Valérie Roucher
Relations Presse: Monica Donati


Les deux amis



Dans Les Caprices de Marianne de Musset, un timide amoureux de l'épouse d'un juge demande à son ami libertin de favoriser ses amours. Séduit par la belle, tenté de trahir son ami, le libertinreste loyal et meurt sacrifié. La pièce, point de départ de La règle du jeu de Jean Renoir, inspire aussi ce premier long métrage de Louis Garrel, même s'il emprunte son titre à La Fontaine et le cite explicitement.

Mona (Golshifteh Farahani) n'est pas ici l'épouse d'un juge. Ses chaînes sont plus lourdes : en semi-liberté, elle doit rentrer chaque soir en cellule et ne veut pas l'avouer à Clément (Vincent Macaigne), qui la courtise et ne comprend pas ses réticences. L'ami libertin c'est Abel (Louis Garrel), cynique mais attaché à Clément par une amitié passionnée.

De cette intrigue forte mais au fond banale, Garrel sort un film fort et délicat, où comique et sentimental s'équilibrent avec justesse. Fausses pistes et quiproquos sont lancés au spectateur ravi, qui profite de l'expérience théâtrale de Garrel, de l'habileté de son coscénariste Christophe Honoré, du talent et du charme des trois comédiens. La mièvrerie est évitée malgré un ton sentimental très assumé. Mièvrerie évitée, car comme chez Musset, la cruauté est toujours là, surtout quand Garrel médite sur le mensonge et la trahison.

Paris est filmé avec cette même délicatesse, souvent de nuit, dans sa réalité d'aujourd'hui, principalement autour de la Gare du Nord. Celle-ci, sordide et poétique, est un cadre que Musset n'avait pas prévu, mais digne du Naples imaginaire de sa pièce. Le rythme est sûr, les coqs-à-l'âne assumés et réjouissants, une somme de jolis détails donnent envie de revoir le film plusieurs fois. Et il y a dans Les deux amis une scène de garde à vue qui suffirait à elle seule pour en faire l'éloge.

René Marx

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