La vie des films - Actualité du cinéma

La vie des films : Near Death Experience de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Near Death Experience de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Fiction française
Genre Drame

Date de sortie 10 septembre 2014 (1h27min)
2crit et réalisé par Gustave Kervern et Benoît Delépine

Interprètes :
Michel Houellebecq : Paul
Marius Bertram : Le Vagabond
Benoît Delépine : Le collègue Orange 1
Gustave Kervern : Le collègue Orange 2

Directeur de la photographie : Hugues Poulain
Chef monteur : Stéphane Elmadjian
Directeur de production : Philippe Godefroy
Ingénieur du son : Guillaume Lebraz

Production : No money productions
Exportation/Distribution internationale : Ad Vitam
Distributeur France (Sortie en salle) : Ad Vitam

Near Death ExperienceLa mélancolie de Gustave Kervern et Benoît Delépine rencontre l'amertume de Michel Houellebecq, dans cette "montée" aux enfers d'un homme seul. Houellebecq se perd dans la montagne, veut mourir et, comme il le dit lui-même, "parle beaucoup et ne se suicide pas assez".

Son personnage de fiction travaille au service client de France Telecom. On aperçoit ses collègues, son épouse, son fils, sa fille, sans visages, cadrés sous les épaules. Le seul qu'on regardera vraiment pendant 1h27 sera donc cet espèce de Louis-Ferdinand Céline déguisé en cycliste, alternant comme son interprète en a l'habitude des fulgurances poétiques émouvantes et des enfonçages de portes ouvertes exaspérants et simplificateurs.

Mais cette exaspération (en tout cas pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus que Houellebecq est le plus grand poète de son temps) cède souvent devant l'intérêt pour une figure cinématographique très curieuse, très originale. Une sorte de burlesque triste, les bras ballants, le corps en délitement, parcourant la nature avec indifférence.

"La nature, dit-il, n'a finalement aucun intérêt". Marchant vers son anéantissement en ronchonnant, ludion qu'on suit malgré tout avec une certaine fascination. Le clown triste est un cliché, un raccourci, les vrais clowns ne sont pas tristes, mais ce cliché tient bien le coup dans ce parcours, interrompu par l'autre interprète du film, Gustave Kervern lui-même, qui apparaît en idiot du village magnifique et provoque le seul véritable dialogue de ce récit, un dialogue d'une grande beauté. Ce film permet aussi aux ignorants que nous sommes de découvrir un joli mot : paraskevidékatriaphobie !

René Marx


Bande-annonce : NDE : Near Death Experience - VF par PremiereFR 

 





Accueil | Copyright | Contact | ©2014 René MARX