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La vie des films : Les Premiers, les Derniers de Bouli Lanners

Les Premiers, les Derniers de Bouli Lanners


• Réalisation et scénario : Bouli Lanners
• Directeur de la photographie : Jean-Paul de Zaetijd
• Décors: Paul Rouschop
• Producteur : Jacques-Henri Bronckart
• Société de production : Versus Production
• Société de distribution : Wild Bunch Distribution
• Bande originale: Pascal Humbert
• Date de sortie : 27 janvier 2016

Distribution
• Bouli Lanners1 : Gilou
• Albert Dupontel : Cochise
• Suzanne Clément
• David Murgia : Willy
• Serge Riaboukine
• Michael Lonsdale
• Max von Sydow
• Aurore Broutin : Esther
• Lionel Abelanski
• Philippe Rebbot : Jésus
• Virgile Bramly
• Mehdi Frihi


Les Premiers, les Derniers

LES PREMIERS LES DERNIERS


Bouli Lanners est un homme fidèle. Né à Liège en 1965, il y est devenu peintre, puis comédien. Il y vit toujours.

Son quatrième film est réalisé avec la même équipe que les trois premiers (producteur, chef opérateur, monteur, costumière, décorateur). Et en format Scope comme les trois précédents.

Il a choisi cette fois-ci la Beauce comme décor d'un western drôle et mélancolique. Deux chasseurs de prime poursuivent un téléphone portable dans une quête absurde, croisent un couple de jeunes autistes amoureux échappés de leur institution (étonnants David Murgia et Aurore Broutin). Chacun, dans le film, pressent une catastrophe. Comme chez Beckett, le tragique et la comédie sont indissociables.

Bouli Lanners, avec le personnage qu'il interprète, livre un autoportrait en homme malade, accompagné de son complice en poésie et en mélancolie, Albert Dupontel, avec qui il a souvent travaillé. L'amitié, les grands espaces, les méchants véritables et les innocents qui vaincront peut-être : le titre dit bien le souci d'absolu du cinéaste, renforcé par la présence de deux figures paternelles. Michael Lonsdale et Max Von Sydow, tout droit sortis du Septième sceau, de Des hommes et des dieux… Il y a même un Jésus pas vraiment évangélique joué par Philippe Rebbot et une apparition inattendue de Suzanne Clément, l'une des fidèles de Xavier Dolan. Le rêve apocalyptique de Lanners répand un souffle inhabituel dans le cinéma d'aujourd'hui.

Comme le miroir inversé du dernier Tarantino, les huit salopards deviennent ici les huit mélancoliques, les huit poètes. La dérision et la violence de l'Américain se transforment chez Lanners en douceur et en spiritualité. Mais l'angoisse de fin du monde est peut-être la même chez ces deux cinéastes apparemment si éloignés.

René Marx

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